samedi 10 mars 2012

Le Point sur les protéines

Les informations ci-dessous sont extraites de cet ouvrage

Généralités
Les protéines sont les seules sources alimentaires d'azote, on les retrouve dans toutes les réactions vitales ; il est impossible de s'en passer.
Ce sont des éléments d'ordre "plastique" ; comme l'eau et les minéraux, car ils servent à réparer les tissus (abîmés ou vieillis) et à permettre la croissance.

Il est conseillé d'équilibrer son alimentation avec 13% de protéines, 30% de lipides et 57% de glucides.
Un homme de 65 kg en bonne santé est composé de 43 kg d'eau, de 10,5 kg de protéines, de 8,3 kg de lipides, de 3,2 kg de minéraux et enfin de 0,2 kg de glucides.

Les protéines sont des molécules azotées, elles contiennent, en plus du carbone, de l'oxygène et de l'hydrogène communs avec les lipides et les glucides, de l'azote.

Le rôle des protéines :
Les protéines entrent dans la composition de toutes les cellules, et ont des formes multiples : certaines sont de petites molécules, d'autres sont géantes, comme les fibres musculaires.
les protéines entrent dans la structure de la cellule; elles forment des membranes cellulaires, le gel dans lequel baignent les différents composants de la cellule...
Dans le sang, les protéines sont présentes sous forme d'hémoglobine, molécule contenue dans les globules rouges qui permet le transport de l'oxygène vers les cellules, sous forme d'anticorps qui entrent dans les mécanismes de défense. Elles peuvent également être des hormones
Dans la cellule, certaines protéines spécialisées sont appelées des enzymes. Ces enzymes sont des molécules qui permettent d'effectuer rapidement des réactions chimiques; ainsi les enzymes du tube digestif transforment les aliments en nutriments élémentaires (par exemple transformation de l'amidon en glucose). Dans la cellule, les protéines permettent la transformation des nutriments en énergie.
Les protéines sont partie intégrante des tissus osseux et des dents où elles servent de support aux sels minéraux qui assurent la rigidité du squelette.
Les muscles sont constitués de fibres musculaires, lesquelles sont des cellules très particulières, principalement  composées de deux protéines de grande taille : l'actine et la myosine. Les interactions entre ces protéines permettent les contractions musculaires.
Chaque cellule a une durée de vie, les protéines servent donc à les renouveler ou les remplacer lorsqu'elles sont détruites.

Si les protéines sont indispensables et s'il serait beaucoup plus "écologique" de se nourrir de protéines végétales que de protéines animales, il faut faire attention : toutes les protéines ne se valent pas

La structure des protéines
Les protéines sont des molécules complexes composées de plus ou moins longues chaînes d'acides aminées. les acides aminés sont des molécules; il en eiste une vingtaine, qui présentent conjointement une fonction amine (=comportant un atome d'azote) et une fonction acide.
A partir d'assemblages des vingt acides aminés différents, le corps construit des protéines aussi différentes que les albumines et les protéines musculaires.
Les protéines ont des structures différentes. Il y a des protéines en forme de boule (globulaires), des protéines fibreuses. ces protéines forment en général les tissus de soutien, de protection ; c'est le cas des protéines de l'os, des protéines des cheveux, des ongles... Les enzymes et les hormones sont des protéines globulaires. Elles sont en général sensibles à la chaleur, aux rayons X, aux métaux. Elles peuvent perdre rapidement leur activité cellulaire si elles sont soumises à des conditions adverses.
Il est également possible de classifier les protéines selon leur composition, les protéines qui ne contiennent que des acides aminés sont appelées holoprotéines; d'autres protéines peuvent contenir des molécules de glucides ou de lipides, ainsi que du phosphore ou des métaux, ce sont des hétéroprotéines. Parmi les holoprotéines, on distingue les albumines (solubles dans l'eau), les globulines (solubles dans les solutions salines), les prolamines (solubles dans l'alcool), les glutélines (solubles dans les acides ou les bases dilués.
Les protéines sont sensibles à divers traitement; elles peuvent être gélifiées par la température et par les acides, perdre leurs propriétés quand elles sont soumises à des températures hautes ou basses.

Les acides aminés indispensables

Après ingestion, les protéines contenues dans nos aliments sont scindées en molécules plus petites encore grâce à des enzymes pancréatiques et intestinales. Les acides aminés ainsi libérés sont absorbés par la paroi intestinale, transportés par le sang vers le foie. La plus grande partie sera remise en circulation puis captée par les cellules; ces acides animés serviront à former de nouvelles protéines. une autre partie sera transformée en autres acides aminés, ou en glucides

Actuellement, l'existence de huit acides aminés indispensables (sur les vingt qui existent) est reconnue :
Valine
Leucine
Isoleucine
Thréonine
Phénylalanine
Lysine
Méthionine
Tryptophane

Pour le nourrisson, l'histidine est également indispensable

Il apparaît donc que toutes les protéines ne vont pas avoir la même composition en acides aminés indispensables et ne répondront donc pas de la même façon aux besoins alimentaires de l'homme. C'est ce qu'on appelle le besoin qualitatif en azote.

Appréciation de la qualité nutritionnelle d'une protéine.
Pour que les synthèses de protéines puissent avoir lieu au sein d'une cellule, il est nécessaire que tous les acides aminés soient présents en même temps. Si un des acides aminés indispensables est absent, toutes les synthèses de protéines nécessitant cet acide aminé ne pourront pas avoir lieu. Les protéines seront mal utilisées et serviront à la production d'énergie. Le corps ne sachant pas stocker les acides animés ni les protéines, si un des acides aminés est déficient, il y aura carence en protéines pour les synthèses. les chercheurs ont déterminés une quantité minimale de chaque acide animé devant être présent dans chaque protéine pour assurer son utilisation optimale par les cellules.
Ainsi, prenant les 8 acides animés indispensables, supposons que l'un d'eux n'est présent qu'à hauteur de 60% de sa quantité recommandée, alors, la protéine ne pourra être "utilisée" qu'à hauteur de 60% de ses "possibilités".
C'est ce qu'on appelle le facteur limitant d'une protéine.

Autre élément d'appréciation des différentes protéines : le coefficient d'utilisation digestive.
Ce coefficient détermine la quantité d'azote qui sera effectivement digéré et absorbé. On le calcule en soustrayant  la quantité d'azote fécal à la quantité d'azote ingéré. Par exemple les protéines végétales sont moins bien ingérées que les protéines animales, parce qu'elles sont accompagnées de cellulose, qui accélère le transit intestinal et "piège" une partie des protéines que les enzymes ne peuvent plus digérés.
Le CUD permet d'apprécier la qualité d'une protéine, mais il n'est pas considéré comme essentiel

Le coefficient d'efficacité protéique traduit la capacité d'une protéine, consommée seule à assurer la croissance.
Ce coefficient sert surtout à tester l'efficacité des mélanges de protéines.

La valeur biologique mesure la quantité d'azote retenu par les tissus comparée à la quantité d'azote absorbée

L'indice chimique  compare la composition en acides aminés indispensables d'une protéine, déterminée par analyse chimique, par rapport à la protéine de l'oeuf ou à autre protéine de référence répondant le mieux aux besoins de l'homme.
Par exemple, si le besoin en acide aminé Y est de 100 mg pour 100g de protéine, et si la protéine à tester en contient 120 mg, on lui attribuera un coefficient de 120 pour l'acide aminé Y

Sur le tableau ci-dessus, nous constatons que le facteur limitant de la protéine de blé est la lysine. Nous constatons également que la protéine de blé est assez mal équilibrée. Cela n'a pas d'importance si d'autres sources de protéines sont consommées, mais cela pose un problème si elle est consommée seule.

Apport quotidien de protéines
Chaque jour, nous utilisons 10 à 20% de notre azote à renouveler la muqueuse intestinale.
pour équilibrer les pertes obligatoires, les experts prônent la consommation de 0,6g de protéines par kg, si la protéine a un indice chimique de 100. Pour un homme de 65 kg, cela correspond donc à une consommation de 65 x 0,6, soit 39g par jour.
Lorsque l'alimentation comporte des sources variées de protéines, il faut augmenter la consommation à un gramme de protéine par kilo et par jour, soit 65g pour un homme de 65 kg.

En terme d'apport calorique, on estime que les protéines doivent représente entre 11 et 15% de l'apport calorique total

Tous les aliments que nous consommons (exceptés le sucre et l'huile) contiennent des protéines.

« Les protéines végétales peuvent à elles seules répondre aux besoins nutritionnels si une alimentation végétale variée est consommée et que les besoins en énergie sont satisfaits. Les recherches indiquent qu'un assortiment d'aliments végétaux mangés au cours d'une journée peut apporter tous les acides aminés essentiels et assurer une absorption et une utilisation appropriées de l'azote chez des adultes en bonne santé ; par conséquent, il n'est nullement besoin de consommer des protéines complémentaires dans un même repas. »

(Source : « Position of the American Dietetic Association and Dietitians of Canada », dans Journal of the American Dietetic Association, juin 2003, vol. 103, no 6, 748-765.)
Cité par le site http://vegemontreal.org

Pourquoi consommer des protéines végétales ? L'argument écologique

D'après l'ouvrage suivant :



L'animal est un piètre transformateur de l'énergie alimentaire qu'il consomme.
La production d'1 kg de viande nécessite, pour le boeuf, 16 kg de produits végétaux, pour le porc 6kg, pour la dinde 4kg, le poulet 3kg.
En termes de rendement protéique, la quantité de protéines animales obtenues à partir d'1kg de protéines végétales est de 200g pour l'oeuf et le lait, de 60 à 120 g pour la viande, 200g pour le poulet.
Si les protéines végétales étaient consommées directement , en estimant que la qualité des protéines végétales est de 80% de celles des protéines animales, il serait possible de nourrir 4 fois plus de personnes avec la même quantité de protéines végétales.

De plus, on mesure qu'un hectare de terre consacrée à la culture du soja ou de luzerne produit 30 fois plus de protéines qu'un hectare consacré à l'élevage, un hectare de blé cinq fois plus.

Le Point sur les Vitamines

Dans le précédent billet de ce blog, j'évoquais la diffusion du Bio dans les grandes surfaces. Les groupes commerciaux diffusent également sur leur sites internet des informations relatives à la nutrition, à la santé, au développement durable. Voici un point sur les vitamines extrait du site Monoprix.
Vitamine A
Vitamines B1, B2, B5, B6, B8, B9, B12






Vitamine C
Vitamine D

Vitamine E
Vitamine K
Vitamine PP

Calendrier des fruits et légumes de saison

Dans un précédent billet, j'avais mentionné le développement du bio dans les grandes surfaces à des prix abordables. Le Bio, autrefois diffusé exclusivement dans les commerces spécialisés, est désormais accessible à tous à des prix raisonnables. Il n'y a plus aucune raison de ne pas s'y mettre ! Il reste pourtant en France de nombreuses avancées à faire dans ce domaine, et plus particulièrement pour l'accroissement de la part du Bio dans la production agricole nationale. Alors que le Grenelle de l'environnement nous promettait de profondes réformes, la France peine à rattraper son retard. Avec 1,1% de sa surface agricole utile consacrée au Bio en 2010, notre pays est loin derrière l'Italie (8,9% en 2009), l'Autriche (33,4% en 2010), le Danemark (20,6% en 2010). La politique gouvernementale est largement en cause pour expliquer ce retard, avec la baisse des incitations financières en faveur des agriculteurs qui passeraient au bio. La conséquence en est que pour les produits bio, la France est obligé d'importer la production de ses voisins européens.


La collection « ABC » de Monoprix consiste en brochures distribués gratuitement dans les magasins. extrait du site : "L'objectif de la collection est de diffuser sur un ton ludique et simple les informations et les bonnes pratiques dans différents domaines tels que le Développement Durable, la Nutrition, la Biodiversité ou le Recyclage"
. Les fascicules sont aussi diffusés via Internet.
Voici quelques extraits de ces fascicules.

Calendrier des légumes de saison

Calendrier des fruits de saisons
Calendrier des fruits, légumes, fromages et poissons par saisons (printemps, été, automne, hiver)

mardi 31 janvier 2012

L’art de prolonger la vie. Mens sana in corpore sano...

Christophe-Guillaume Hufeland (1762-1836), l’auteur de L’art de prolonger la vie, était un médecin et enseignant allemand de la fin du XVIIIème siècle et au début du XIXème siècle. Bien que son nom soit presque inconnu en France, il peut être considéré comme un précurseur de la médecine naturelle préventive de tradition européenne.
Il est en effet l’auteur, dès 1797, du livre Makrobiotik, traduit en français par L’art de prolonger la vie. Bien que le terme de Makrobiotik existait déjà dans la Grèce antique, Hufeland réintroduit le concept dans la médecine du XIXème siècle.
Le principe présenté dans  Makrobiotik est celui de la force de vie (Lebenskraft), présente en toutes choses, même si elle est plus facilement détectée dans les êtres organiques, où elle se manifeste comme la capacité à répondre aux stimuli externes. Cette force peut être affaiblie ou détruite, ainsi que renforcée, par des influences extérieures ; elle est épuisée par l'effort physique et augmentée avec le repos. Hufeland ne recherche pas seulement une vie plus longue et plus saine, mais aussi une vie plus éthique - la santé morale et physique sont considérées comme étroitement liées, et découlent de la même source, toutes deux marquées par une abondance de force de vie. Il n’est pas de meilleur moyen de guérir de la maladie qu’en ayant une bonne alimentation et un bon mode de vie.
Les extraits présentés abordent des thématiques très contemporaines, à l’heure où l’on se soucie de plus en plus de la qualité des produits que nous propose l’industrie agro-alimentaire. Par ailleurs, à la manière d’un David Servan-Schreiber, Hufeland s’intéresse également à l’influence que peut avoir le moral sur la santé, et propose certaines  règles de vie, qu’il nomme « maximes-pratiques ».

Source : Wikipedia


"1°. Ce n’est pas ce nous mangeons, mais ce que nous digérons, qui nous sert de nourriture. Ainsi, que celui qui veut devenir vieux mange lentement ; car les aliments doivent, dès le moment où ils sont dans la bouche, subir ce premier degré de modification et d’assimilation. C’est ce qui se fait en les mâchant bien, et en les mêlant avec la salive ; deux points que je regarde comme essentiels au procédé de la restauration, et par conséquent nécessaires à la prolongation de la vie ; d’autant plus que j’ai remarqué que toutes les personnes qui ont vécu longtemps mangeaient lentement.
2°. Cela dépend aussi beaucoup de la bonté des dents ; aussi je mets la conservation des dents au nombre des moyens de prolonger la vie.
(…)
3°. Qu’on se garde d’étudier, de lire, ou de s’appliquer à quelque chose en mangeant, ce moment doit être scrupuleusement consacré à l’estomac ; c’est celui de son règne, et l’âme ne doit alors agir qu’autant que cela est nécessaire pour seconder ses opérations. Par exemple, le rire est un des meilleurs moyens que je connaisse pour faciliter la digestion ; (…) Enfin, il faut tâcher d’avoir à table une société gaie, ce que l’on mange au sein de la joie, produit sans doute un sang bon et léger.
4°. Il ne faut pas se donner trop de mouvement immédiatement après le repas, ce qui trouble considérablement la digestion et l’assimilation des aliments. Il faut, ou rester debout, ou se promener lentement de long en large. Le moment le plus propre aux exercices du corps, est avant le repas, ou trois heures après.
5°. Ne pas manger au point de pouvoir sentir son estomac ; aussi est-il bon de cesser avant d’être rassasié. La quantité de nourriture doit aussi toujours être en raison du travail du corps ; moins on a travaillé, et moins il faut manger.
6°. Manger à des heures fixes. Rien n’est plus nuisible que de manger sans règle, à toute heure et hors des repas. Pour bien digérer, il faut que l’estomac ait fini la digestion précédente, et qu’il soit vide, afin que ses forces, ainsi que les sucs nécessaires à la digestion, aient eu le temps de se réparer et d’acquérir un nouveau degré d’âcreté. Après des pauses semblables, on recommence ses fonctions avec de nouvelles forces, avantage dont se privent ceux qui mangent sans cesse. Cette habitude produit la faiblesse d’estomac, de mauvaises digestions, de mauvais sucs (…)
7°. Manger plus de végétaux que d’autres aliments ; la viande a toujours plus de tendance à la putridité que les végétaux qui ont un germe d’acide, et détruisent la putréfaction, notre ennemi mortel. Outre cela, la viande est plus irritante et plus échauffante ; au lieu que les végétaux produisent un sang plus rassis, diminuent les sensations intérieures, l’irritabilité physique et morale, et retardent par conséquent la consomption. Enfin, la viande fait plus de sang et nourrit davantage, et exige par conséquent, si on veut qu’elle fasse du bien, plus de travail et d’exercice ; sans cela, le tempérament devient trop sanguin. La viande ne doit donc pas être la nourriture des savants ni des personnes qui mènent une vie sédentaire ; ils n’ont pas besoin d’autant de restauration, il leur faut des substances non matérielles, mais délicates et propres aux occupations de l’esprit. (…) 
8°. Manger peu le soir, peu ou point de viande, quelque chose de froid, et toujours quelques heures avant de se mettre au lit. Les jeunes gens d’un tempérament ne peuvent rien manger le soir de meilleur que du fruit avec du pain bien cuit. En hiver, il faut choisir les pommes, qui procurent un sommeil léger et paisible, quand on mène une vie sédentaire, ont l’avantage de prévenir les engorgements.
9°. Avoir soin de boire suffisamment ; on peut, à force d’étouffer l’instinct de la nature à cet égard, finir par oublier entièrement de boire et n’en plus sentir le besoin ; ce qui est une des principales causes des dessèchements, des obstructions dans le bas-ventre, et d’une foule de maladies si communes parmi les gens d’étude et les femmes qui mènent une vie sédentaire. Toutefois, il faut observer que le meilleur moment pour boire n’est pas pendant le repas ; car alors on delaye les sucs de l’estomac, et on affaiblit l’estomac lui-même ; mais le moment le plus favorable est environ une heure après le repas.
La meilleure boisson, c’est l’eau, que l’on méprise tant et que beaucoup de personnes regardent comme nuisible. Je la mets sans balancer au nombre des meilleurs moyens de prolonger la vie.
(…)
Le vin réjouit le cœur de l’homme, mais il n’est nullement  nécessaire à la prolongation de la vie (…) bien plus, comme moyen irritant et qui accélère la consomption, il peut abréger la vie quand on en boit trop souvent et en trop grande quantité. Ainsi pour que le vin ne fasse pas de mal et soit un ami de la vie, il ne faut pas en boire tous les jours, ni jamais en trop grande quantité ; plus on est jeune, et moins on doit en boire, et réciproquement. En général il faut le regarder comme un assaisonnement de la vie, et n’en jouir que les jours destinés à la joie, et pour animer un cercle d’amis.
(…)
Le tabac que l’on fume gâte les dents, dessèche le corps, fait maigrir, rend pâle, affaiblit les yeux et la mémoire, attire le sang vers la tête et les poumons, donne par conséquent des dispositions aux maux de têtes et aux maladies de poitrine, et peut causer des crachements de sang et la phtisie à ceux qui ont des dispositions à cette maladie. Outre cela, c’est un besoin de plus ; or plus l’homme a de besoins et moins il a de liberté et de bonheur.
CHAPITRE XII
Le repos de l’âme, la sérénité, le contentement, sont les bases du bonheur, de la santé, d’une longue vie. Mais ces moyens, dira-t-on, ne se donnent point, ils dépendent des circonstances. Je pense différemment : s’il en était ainsi, les grands et les riches seraient les plus heureux des hommes, et les pauvres les plus malheureux. Cependant l’expérience nous apprend le contraire ; car on trouve dans la classe de l’indigence plus de contentement que dans celle des riches.
Nous avons donc en nous-mêmes des sources de bonheur ; c’est à nous de les chercher et d’y puiser. Qu’on me permette de donner ici quelques moyens dont une philosophie pratique fort simple m’a démontré la bonté, et que je ne propose que comme maximes-pratiques, et comme le conseil d’un médecin bien intentionné.
1°. Il faut avant tout combattre ses passions. L’homme agité en tout sens par ses passions est toujours placé dans un extrême, dans un état d’exaltation, et ne peut jamais parvenir à l’humeur nécessaire à la conservation de la vie. Il augmenta par-là sa consomption d’une manière terrible, et il ne peut manquer d’arriver bientôt à sa fin.
(…)
3°. Il faut vivre au jour la journée, mais dans le bon sens, c’est-à-dire, profiter de chaque jour, comme si ce devait être le dernier, et sans s’inquiéter du lendemain. Malheureux, qui ne pensez jamais qu’à l’avenir, qu’à ce qui est possible, et qui, en formant des projets, oubliez le présent ! Le moment présent n’est-il pas père de l’avenir ? Celui qui profite de chaque jour, de chaque heure parfaitement et selon sa destinée, peut le soir se livrer le soir se livrer au sentiment doux et satisfaisant, non-seulement d’avoir vécu un jour et rempli sa destinée, mais encore d’avoir posé les fondements d’un avenir heureux.
4°. Il faut tâcher de rectifier ses idées sur chaque objet, et l’on verra que la plupart des maux proviennent de mal entendus, de faux intérêts, de précipitation, et que l’essentiel est moins ce qui nous arrive que la manière de le prendre. Celui qui possède un fond de bonheur pareil est indépendant des circonstances. Que Weishaupt a bien raison de dire : « Il est donc toujours vrai que la sagesse est la source du plaisir, et la folie celle du mécontentement ; il est vrai, qu’excepté la résignation aux volontés de la Providence ; excepté la persuasion que tout est pour notre plus grand bien ; excepté le contentement à l’égard du monde et la place qu’on y occupe, tout ce qui conduit au mécontentement et à la folie.
5°. Que l’on cherche sans cesse à fortifier la confiance dans l’humanité et les vertus qui en proviennent, la bienveillance, l’amour des hommes, l’amitié. Que l’on regarde tout homme come bon jusqu’à ce que l’on ait les preuves les plus convaincantes du contraire ; et même dans ce cas-là, il faut le regarder comme un homme égaré, qui mérite notre compassion plutôt que notre haine. Il serait peut-être bon, s’il n’eût été séduit par des mal entendus, par le défaut de discernement, ou par un intérêt mal calculé. Malheur à l’homme dont la philosophie consiste à ne se fier à personne ! Sa vie est une guerre offensive et défensive continuelle, et son contentement et sa gaieté sont perdus sans retour. Plus on veut du bien à tout ce qui nous entoure, plus on rend les autres heureux, et plus on est heureux soi-même.
6°. Une condition nécessaire au contentement et à la paix de l’âme, c’est l’espérance. Celui qui la possède, prolonge son existence, non-seulement en idée, mais encore physiquement, par le moyen du repos et de l’indifférence qui en proviennent. J’entends par espérance, non celle qui se renferme dans les bornes de notre existence actuelle, mais celle qui s’étend jusqu’au-delà du tombeau. L’idée de l’immortalité de l’âme est, selon moi, le seul objet qui nous rende la vie chère, et qui nous fasse supporter avec patience les désagréments dont elle est remplie. – Foi et Espérance, vertus sublimes ! qui peut, sans vous, parcourir la carrière de la vie semée d’impostures et d’illusions, dont le commencement et la fin sont enveloppés de nuages, et où le présent n’est qu’un instant, qui à peine sorti du cercle de l’avenir, est déjà englouti par le passé. Vous êtes les seuls appuis de celui qui chancelle, le plus doux délassement du voyageur fatigué : celui même qui ne vous révère pas comme des vertus sublimes, est obligé de s’attacher à vous, comme étant nécessaires à la vie, et il cherche en vous sa force par amour pour lui-même, si ce n’est pas par amour pour l’Être invisible ! On peut,  sous ce point de vue, regarder la religion comme un moyen de prolonger la vie. Elle y contribue en raison des forces qu’elle donne pour combattre les passions, de l’abnégation de soi-même, de la paix intérieure, et de la vivacité avec laquelle toutes ces vérités se peignent à notre âme.
Il en est de même de la joie. Qu’on ne croit pas qu’il faille toujours des accidents extraordinaires pour la faire naître ; c’est la disposition de l’âme, dont nous avons parlé, qui nous rend susceptibles : et celui qui est doué d’une pareille humeur ne manquera jamais d’occasions d’éprouver de la joie ; la vie elle-même en est une pour lui. Toutefois il ne faut jamais négliger l’occasion de rechercher un plaisir pur et de plus propre à prolonger la vie que celui que nous goûtons en famille, dans le commerce de personnes gaies et bonnes, et dans les jouissances de la belle nature. Un jour passé à la campagne, dans un air pur, au milieu d’un cercle d’amis, vaut surement mieux que tous les élixirs du monde. – Je dois aussi parler de l’expression physique de la joie, du rire. C’est le mouvement du corps le plus sain, car il agite en même temps le corps et l’âme, facilite la digestion, la circulation, la transpiration, et ranime la force vitale de tous les organes.
Je dois aussi parler des occupations de l’esprit plus relevées, en supposant que l’on observe les précautions que j’ai indiquées ci-dessus. Ce sont des jouissances particulières à l’homme, et une source de restauration digne de lui. Telles sont les lectures agréables et instructives, l’étude de sciences intéressantes, la contemplation et la recherche de la nature et de ses secrets, la découverte de vérités nouvelles par des combinaisons d’idées, de conversations intéressantes, etc."

Christophe-Guillaume Hufeland, L’art de prolonger la vie humaine, Lausanne, Lyon, deuxième édition, 1809. Extraits pp. 292-307
Texte disponible sur Gallica à l’adresse suivante : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k649281

mercredi 4 janvier 2012

Les produits toxiques ? direction le corps humain !

L'un des apports de l'écologie fut de montrer les interactions existantes dans la biosphère, et plus particulièrement entre les humains et leur milieu vivant. De cet apport découle l'apparition de la rudologie, ou gestion des déchets, à des fins d'amélioration de l'esthétique locale, tout d'abord, puis à des fins de contrôle de leurs effets sur la santé humaine et l'environnement. Il est désormais reconnu par à peu près tout le monde qu'un déchet toxique rejeté dans une rivière, dans la mer, ou simplement dans la nature finira par se retrouver à un moment ou à un autre chez l'homme, via, l'eau que l'on boit, via les poissons, la viande, les végétaux que l'on mange...
Cette pollution toxique concerne en premier lieu les déchets, mais bien entendu on peut se poser la question sur la présence de produits alimentaires parfaitement autorisés mais qui se révèlent dommageables pour la santé.

Pour ceux qui considèrent la biosphère dans son ensemble, tout ceci semble évident. Nos produits polluants altèrent voire détruisent peu à peu la qualité de la vie dans les environnements touchés, et posent des problèmes de santé à l'homme.
Source : transalpair.eu

Pour ceux qui ne se préoccupent que leur personne et de leur santé, voire celle de leurs proches, il reste à savoir si tel ou tel produit est toxique pour l'homme, et à quelles doses. On sait aujourd'hui que les produits polluants (perturbateurs endocriniens notamment) ingérés en-dessous des seuils reconnus de toxicité se révèlent dangereux pour l'humain en fonction du critère du temps d'exposition. Mais les nouveaux composés inventés par la chimie sont tellement nombreux qu'il est difficile de tenir à jour une liste des produits toxiques, d'autant que le système est fait de telle sorte qu'en général, on s'inquiète des effets sur l'homme après la sortie et mise en production du produit.

Le texte ci-dessous date du milieu du XIXème siècle, avant même l'invention du mot "biosphère" ou "écologie". Il est de la main d'Alexandre Dumas (Le Comte De Monte-Christo, livre 3), qu'on ne peut pas particulièrement soupçonner d'être partisan de nos débats actuels de santé et d'environnement. Et pourtant ... Il nous montre que les produits toxiques (mais cela reste valable pour les polluants),  même après de longs circuits dans la Nature et leur dilution, tuent aussi sûrement que s'ils étaient directement versés dans le sang.

Allez, écoutons notre comte de Monte-Christo :

"Il avait un fort beau jardin plein de légumes, de fleurs et de fruits; parmi ces légumes, il choisissait le plus honnête de tous, un chou, par exemple. Pendant trois jours il arrosait ce chou avec une dissolution d'arsenic; le troisième jour, le chou tombait malade et jaunissait, c'était le moment de le couper; pour tous il paraissait mûr et conservait son apparence honnête : pour l'abbé Adelmonte seul il était empoisonné. Alors, il rapportait le chou chez lui, prenait un lapin, l'abbé Adelmonte avait une collection de lapins, de chats et de cochons d'Inde qui ne le cédait en rien à sa collection de légumes, de fleurs et de fruits : l'abbé Adelmonte prenait donc un lapin et lui faisait manger une feuille de chou; le lapin mourait. Quel est le juge d'instruction qui oserait trouver à redire à cela, et quel est le procureur du roi qui s’est jamais avisé de dresser contre M. de Magendie où M. Flourens un réquisitoire à propos des lapins, des cochons d'Inde et des chats qu'ils ont tués? Aucun. Voilà donc le lapin mort sans que la justice s'en inquiète. Ce lapin mort, l'abbé Adelmonte le fait vider par sa cuisinière et jette les intestins sur un fumier; sur ce fumier, il y a une poule, elle becqueté ces intestins, tombe  malade à son tour, et meurt le lendemain. Au moment où elle se débat dans les convulsions de l'agonie, un vautour passe (il y a beaucoup de vautours dans le pays d'Adelmonte), celui-là fond sur le cadavre, l'emporte sur un rocher et en dîne. Trois jours après, le pauvre vautour, qui depuis ce repas s'est trouvé constamment indisposé, se sent pris d'un étourdissement, au plus haut de Ja hue, il roule dans le vide et vient tomber lourdement dans votre vivier; le brochet, l'anguille et la murène mangent goulûment, vous savez cela, ils mordent le vautour. Eh bien! supposez que le lendemain l'on serve sur votre table cette anguille, ce brochet ou cette murène, empoisonnés à la quatrième génération, votre convive, lui, sera empoisonné à la cinquième, et mourra au bout de huit ou dix jours de douleurs d'entrailles, de maux de cœur, d'abcès au pylore: Oh fera l'autopsie, et les médecins diront :

« Le sujet est mort d'une tumeur au foie ou d'une fièvre typhoïde. »

— Mais, dit madame de Villefort, toutes ces circonstances, que vous enchaînez les unes aux autres, peuvent être rompues par le moindre accident; le vautour peut ne pas passer à temps ou tomber à cent pas du vivier.

— Ah! voilà justement où est l'art : pour être un grand chimiste, en Orient, il faut diriger le hasard, on y arrive.

Madame de Villefort était rêveuse et écoutait.

— Mais, dit-elle, l'arsenic est indélébile ; de quelque façon qu'on l'absorbe, il se retrouvera dans le corps de l'homme, du moment où il sera entré en quantité suffisante pour donner la mort.

-— Bien ! s'écria Monte-Christo, bien! Voilà justement ce que je dis à ce bon Adelmonte. Il réfléchit, sourit, et me répondit par un proverbe sicilien, qui est aussi, je crois, un proverbe français :

« Mon enfant, le monde n'a pas été fait en un jour, mais en sept; revenez dimanche. »

— Le dimanche suivant, je revins; au lieu d'avoir arrosé son chou avec de l'arsenic, il l'avait arrosé avec une dissolution de sel à base de strychnine, stryclinos colubrina, comme disent les savants. Cette fois le chou n'avait pas l'air malade le moins du monde; aussi le lapin ne s'en défia-t-il point, aussi cinq minutes après le lapin était-il mort : la poule mangea le lapin, et, le lendemain, elle était .trépassée. Alors nous fîmes les vautours, nous emportâmes la poule et nous l'ouvrîmes. Cette fois tous les symptômes particuliers avaient disparu, et il ne restait que les symptômes généraux. Aucune indication particulière dans aucun organe; exaspération du système nerveux, voilà tout, et trace de congestion cérébrale, pas davantage : la poule n'avait pas été empoisonnée, elle était morte d'apoplexie. C'est un cas rare chez les poules, je le sais bien, mais fort commun chez les hommes."
Source : http://en.wikipedia.org/wiki/File:Health_effects_of_pollution.png

samedi 17 décembre 2011

Des gestes simples pour obtenir des produits moins chers et de meilleure qualité

L'un des grands arguments des défendeurs de l'agriculture intensive - contre l'agriculture bio - c'est que l'agriculture intensive permet d'accroître les rendements, et que face à l'accroissement de la population sur Terre, il n'y a pas d'autres solution que de continuer à utiliser de grands quantités de pesticides et fertilisants bref, d' "intrants" d'origine industrielle chimique.
L'ONU prévoit en effet 9 milliards d'habitants sur la Terre d'ici 2050, voire 2043.

Les inquiétudes relatives à l'alimentation de la population mondiale ne datent pas d'hier. Cependant elles ont resurgi depuis 2008 à cause des effets de la "crise alimentaire" qui a menacé de famine plusieurs pays, et qui a fait augmenter le coût d'achat des produits alimentaires dans des pays jusque-là épargnés par ce genre d'incidents grâce à leur production nationale.

On sait que les produits alimentaires font l'objet d'une spéculation boursière qui contribue à l'augmentation des prix. Mais ce qui entraîne la rareté des céréales  en cas de météo  capricieuse (sécheresse par exemple), c'est qu'une bonne partie de la nourriture produite par l'agriculture n'est pas destinée aux hommes : elle est destinée en premier lieu aux animaux d'élevage, et aux agrocarburants.

Ainsi, plus de la moitié des terres cultivables d'Argentine est consacrée à la production de soja (transgénique) à destination de l'élevage, soit 161 500 km2 , soit l'équivalent de 30% du territoire français.

Par ailleurs, les pays occidentaux gaspillent d'énormes quantités de nourritures chaque année.
D'après le Parlement européen, 50% des aliments encore sains seraient gaspillés en Europe par les ménages et les supermarchés.
Chaque Français jetterait en moyenne 20 kg d'aliments par an, dont 7 kg d'aliments encore emballés. Cela équivaut à jeter 40% de la quantité de pain consommé chaque année par chaque Français.
Plus clairement encore, cela représente 1,3 millions de tonnes par an, auxquelles il faut ajouter 2,3 millions de tonnes générées par les professionnels (1) (agroalimentaire, restauration), soit un total de 4,6 millions de tonnes, c'est comme si l'on jetait l'équivalent de toute la production de viande de porc et de viande bovine française sur un an !

Un autre monde est possible, un monde où l'on cesserait de produire des aliments pollués aux engrais chimiques et aux pesticides, un monde où le prix des aliments serait moins élevé.
Les gestes sont simples : acheter bio pour créer une dynamique en faveur de ce type d'agriculture, réduire nos déchets, réduire notre consommation de viande pour réduire le nombre d'animaux à nourrir destinés à l'abattoir.

(1) Dossier "Manger bien, manger durable", publié dans Directmatin du vendredi 16 décembre 2011. Interview de Lydie Ougier de l'ADEME