lundi 30 mai 2011

Le Bio n'est pas une nouvelle lubie de Bobos.

Le bio n’est pas une nouvelle lubie de bobos, lesquels seraient, après l’arnaque des portions restreintes de la nouvelle cuisine, une nouvelle fois victime de la mode, du bio cette fois-ci, qui propose des produits plus chers avec moins de goût. Bref ; pourquoi changer nos habitudes pour une mode de riches… qui n’ont que ça à faire.
D’autres vous diront que le bio est responsable de l’actuelle épidémie d’E. coli qui a été transmise par les concombres, alors que l’enquête sur l’origine exacte de l’épidémie n’est pas terminée.

Le bio reste la plupart du temps plus cher. Pourtant il faut noter que de plus en plus de chaines de supermarché se mettent à créer leurs propre lignes de produits bios : M***, A*** vendent à l’heure actuelle des produits allant de chocolat et du café (importés), aux pâtes, riz, pain et biscuits (céréales), en passant par les laitages. Si la recherche du profit est ce qui motive certainement cette démarche, il est important que l’hyper-supermarché, lieu central de la vie des Français depuis plusieurs décennies, offre un large choix de produits bios, que l’on ne trouvait, il n’y a pas si longtemps, que dans les boutiques « spécialisées ».

Le « bio » est en effet une question de santé publique.
Comme l’indiquent les deux tableaux ci-dessous, tout d’abord manger bio protège de certains produits chimiques (pesticides) jouant un rôle important dans le développement de certains cancers (tableaux n°1 et 2, extraits de Christine Raiffaud, Produits "bio" De quelle qualité parle-t-on ? Educagri, Dijon, 2010).
Tableau n°1 Pesticides et pathologies





Tableau n°2 Pesticides, pesticides domestiques, nitrates et effets sur la santé


Au contraire, certaines substances présentes dans les aliments ont des effets directs sur l’amélioration de la santé (tableau n°3, extrait de C. Raiffaud, op. cit.) ; or des études montrent que les aliments bio ont des qualités nutritives supérieures aux produits issus de l’agriculture « conventionnelle » (tableau n°4 et 5, extraits de C. Raiffaud, op. cit.).

Tableau n°3. Substances alimentaires pour une meilleure santé
Tableau n°4 Teneur supérieure en antioxydants dans les produits Bio
Tableau n°5 Meilleures qualités nutritionnelles des farines Bio

jeudi 14 avril 2011

Agriculture biologique, environnement, biodiversité



in Ph. Fleury, Agriculture Biologique et environnement 
Des enjeux convergents. Educagri-ACTA, Dijon-Paris, 2011, pp. 32 + 157



Les deux tableaux ci-dessus résument et illustrent l’impact positif de l’agriculture biologique sur l’environnement et la biodiversité, comparée à l’impact de l’agriculture conventionnelle.
L’AB conserve mieux la fertilité des sols, la qualité de l’eau (pas d’utilisation d’engrais et de produits de synthèse). L’AB favorise également la biodiversité de la flore et de la faune. Une étude de 2005 (Bentgsson) montre que la richesse supérieure en espèces animales et végétales de l’AB peut être évaluée à 30%. Cette richesse s’explique par la plus grande diversité des paysages , par les pratiques propres au « cahier des charges » de l’AB (pas de pesticides ni d’engrais chimiques de synthèse, diversité des cultures et élevages), mais aussi parce qu’on y trouve plus d’éléments semi-naturels (haies, talus, fossés, bois), lieux de vie  de nombreuses espèces.
De même, l’AB émet moins de gaz à effet de serre ; ainsi on estime que les émissions de CO2 sont inférieures de 48 à 66% par rapport aux exploitations conventionnelles.

D'après Philippe Fleury, Agriculture biologique et environnements - des enjeux convergents. Educagri, ACTA, Dijon-Paris, 2011, pp. 31-34

mercredi 13 avril 2011

En faveur du lait Bio

in C. Raiffaud, Produits "bio", Educagri, 2010

Une étude QLIF (voir ci-dessous) de la Communauté européenne, menée dans différentes régions d’Europe a montré la différence de qualité entre produits laitiers Bio et produits laitiers « conventionnels ». Notamment, les résultats montrent :
-    des niveaux plus élevés de nutriments à haute valeur nutritionnelle dans le Bio (acides gars polyinsaturés, acides linoléiques conjugués, omégas 3 – VOIR IMAGE ci-dessus). Dans le cas du lait, le Bio contenait 70% de nutriments intéressants en plus.
-    des niveaux inférieurs de métaux lourds, mycotoxines, résidus de pesticides sur les échantillons de lait et/ou de cultures
Cette étude a également montré l’importance des pratiques utilisées pour expliquer la meilleure qualité du Bio. Ainsi le lait gagne en qualité lorsque la ration est à base de fourrages et que la part de maïs d’ensilage est faible.

QLIF signifie QualityLowInputFood  (« Nourriture de Qualité à faible intrants »). C’est un projet intégré financé par la Commission Européenne, qui génère le savoir et les connaissances requises pour l’exécution des programmes cadres en matière de Recherche et développement technologique.

D'après Christine Raiffaud, Produits "bio" De quelle qualité parle-t-on ? Educagri, Dijon, 2010, pages 165-166

lundi 28 mars 2011

Monde agricole en danger ?

Deux récents documentaires se sont penchés sur la toxicité de nos aliments. Il s'agit de :
Notre poison quotidien diffusé sur ARTE le mardi 15 mars 2011
http://www.youtube.com/watch?v=DIg3QJKHjYo

Manger peut-il nuire à la santé, le 16 février 2011 sur France 3
http://www.youtube.com/watch?v=4dQVYnDsv90

Ces vidéos sont visibles en intégralité sur You Tube en plusieurs fichiers de 15 minutes.

Ces documentaires sont éclairants. Notamment, « Manger peut-il nuire à la santé » commence par un constat simple : faites une prise de sang, et mesurez les produits chimiques et toxiques qui s’y trouvent : tous les gens se nourrissant de nourriture industrielle auront à peu près les mêmes résultats. On trouve :
ARSENIC
PLOMB
MERCURE
FURANE
DIOXINE

PCB
PESTICIDE
DDT

Ces résultats alarmants militent en faveur d’un retour à un mode d’exploitation agricole plus respectueux des sols, des animaux, des végétaux, bref, de l’ensemble de notre environnement dont nous tirons notre nourriture, notre santé, notre vie.
Ainsi l’expérience menée par le chercheur Chensheng Lu dans l’Etat du Washington aux USA. Ce chercheur s’intéressait à la présence de pesticides dans nos organismes. Tout d’abord il compara les analyses d’habitants vivants soit en zone rurale, soit en zone fortement urbaine. Il se révéla que ceux qui vivaient en zone urbaine étaient plus contaminés, parce que la principale source de contamination  était l’alimentation. Il s’avéra aussi qu’un seul enfant n’avait pas de traces de pesticides : celui dont la famille ne se nourrissait que d’aliments « organic ». Ensuite, en établissant deux groupes tests Chensheng Lu montra que manger bio, diminuait puis supprimait les traces de pesticides dans les urines (voir à ce sujet William Reymond, Toxic, 2007 – éditions J’ai Lu, 2009, pp. 320-325).

Cependant, comme nous l’avons vus dans notre précédent billet, il y aura toujours des gens pour crier que l’on s’en prend injustement au monde agricole, aux agriculteurs.


Voici quelques exemples de commentaires que l’on peut lire en commentaires de ces reportages TV :
« Ah encore un beau reportage qui va faire encore une belle généralité sur le monde agricole en disant que nous sommes des tueurs que nous devons tout arreter. Ok demain je passe au bio. Je diminue donc de 30% ma production je peux vous dire que sa risque de faire mal à votre portefeuille! Aprés les supermarchés vous propose du bio à 1euros!! OK regarder la provenance si c'est pour faire venir des pomme bio du chili je ne vois pas l'interêt!! »
(Voir à l’adresse suivante :http://www.programme-tv.net/programme/culture-infos/2581152-notre-poison-quotidien/commentaires/)

« Faux et archi faux pour la partie agrricole. Un documentaire truqué et de mauvaise foi ! Où est passée la déontologie des journalistes? Des experts contestables, des images tirées d'autres tournages... Le passage du pulvé de l'arboriculteur contenait un traitement d'agriculture biologique !!! Et non chimique... Quelle honte de_ massacrer nos agriculteurs ainsi. »( Voir à l’adresse suivante :http://www.youtube.com/watch?v=9tAyJYNRcgw&feature=fvst)

Mais faut-il arrêter de prendre soin de notre santé, au nom de la défense du monde agricole ? C’est un faux débat ; parce que ce qui est en cause concerne bien plus que l’agriculteur : les exploitants agricoles sont en effet pris dans un système dans lequel ils ne sont que des rouages de l’industrie et du commerce : industrie chimique, grande distribution, entreprises agro-alimentaires principalement.
Les agriculteurs sont aussi des victimes, certains étant tombés malades en raison d’un contact prolongé avec les produits chimiques qu’ils répandaient. Mais ce n’est pas cette victime-là qui est prise comme argument par ceux qui soi-disant défendent les « agriculteurs »

Car, en fait, l’argument des « agriculteurs  mis en cause par les adeptes de l’environnement et du bio » fait partie d’un stratagème de communication destiné à associer dans l’esprit des gens critique de la nourriture industrielle à = attaque directe contre les agriculteurs. Sachant qu’en France, où la tradition agricole est forte (qui n’a pas un paysan dans sa famille : parents, grands-parents ou arrière grands-parents ?), les adeptes du bio risquent de rencontrer de nombreux opposants et autres incrédules.
La manœuvre est grossière, mais elle réussit.
Pourtant, il paraît évident que ce que mettent en cause les écologistes, consommateurs de bio, et les journalistes qui ont réalisé ces deux reportages, ce ne sont pas les agriculteurs eux-mêmes, c’est industrie agro-alimentaire !

dimanche 27 février 2011

Santé et environnement ne font pas l'unanimité

La santé et la préservation de l’environnement sont des thèmes qui peuvent sembler fédérateurs dans le monde occidental. De récentes déclarations politiques montrent que face aux intérêts économiques et aux échéances politiques électorales, l’action concrète en faveur de la santé et de l’environnement rencontre de nombreux opposants, des lobbys qui ont accès aux plus niveaux de l’Etat, des médias et de la politique.

En France, la campagne de communication de France Santé Environnement, qui regroupe 3000 associations de protection de la nature et de l’environnement, a suscité de vives réactions, à peine lancée. Notamment la RATP a refusé les trois affiches ci-dessous :



Cette campagne, au-delà de produits et thèmes particuliers (maïs OGM, élevage industriel, algues vertes), s'en prend directement à la filière agro alimentaire française.

En plus du refus de la RATP, Atout France, agence de développement touristique, a décidé de porter plainte auprès du jury de déontologie publicitaire, instance créée par les professionnels de la publicité pour statuer sur les plaintes du public à l’encontre des publicités.
Jean-Yves Le Drian, président PS du conseil régional de Bretagne a assigné FNE pour diffamation.
Frédéric Lefebvre, secrétaire d'Etat au Tourisme, a jugé cette campagne "outrancière et injuste".
A l’ouverture du salon de l’Agriculture, le président de la République N. Sarkozy a considéré la campagne « particulièrement déplacée ». « Les agriculteurs n'ont pas à être insultés (...) On n'oppose pas les Français les uns contre les autres, on essaie de les rassembler. On ne combat pas l'intolérance en étant intolérants ».
Thierry Burlot, premier Secrétaire fédéral du Parti socialiste, Vice-président du Conseil régional de Bretagne, chargé de l’eau, de l’environnement et de la biodiversité et Loïc Cauret, maire de Lamballe, dans un communiqué, ont exprimé leur « totale désapprobation face à la campagne publicitaire mise en œuvre (à Paris) par France Nature Environnement ».

Aux Etats-Unis, Michelle Obama  lancé la campagne « Let’s move », initiative globale qui a  pour but de résoudre le problème de l’obésité en une génération, notamment par l’éducation des enfants.
Sachant qu’aux Etats-Unis, 65 % de la population est en surpoids, et 30% est obèse, il s’agit là d’un programme ambitieux.
Ce programme ne fait pourtant pas l’unanimité.
Le 12 février, sur le site Big Governement du journaliste conservateur, blogueur, webmaster Andrew Breitbart, est paru une caricature de Barack et Michelle Obama faisant référence à la campagne Let’s Move. Cette caricature représente Michelle Obama mangeant une dizaine de hambugers, et disant à Barack Obama qu’elle avait intensifié sa campagne en demandant aux restaurants de diminuer la taille des portions et la part de gras dans les aliments. Le président américain lui répond qu’il veut être réélu et que cette campagne agace les gens. Cette caricature se réfère à de précédents articles faisant état du menu de la Maison Blanche à l’occasion de la diffusion d’un match du Super Bowl. Le menu comprenait : pizza, cheeseburger, bières, glaces, chips. Cette information a été reprise par les médias conservateurs faisant valoir l’hypocrisie de la Maison Blanche.

Par ailleurs, Sarah Palin, ancienne gouverneure de l’Alaska, candidate au poste de vice-présidente avec le candidat John McCain, a également commenté cette campagne. Il s’agit pour elle d’une intrusion supplémentaire du Gouvernement dans la vie privée des américains. Le couple Obama, ajoute t-elle, « veut priver les américains du droit sacré d’être obèses ».


En France comme aux Etats-Unis, les stratégies adoptées pour contrer la campagne « Let’s Move » et les affiches de la FNE tendent toutes deux à en décrédibiliser leurs commanditaires et auteurs.
Pour N. Sarkozy, la campagne FNE ne fait que diviser les Français et dénigre les agriculteurs ; la FNE est assignée en justice. Pour les conservateurs américains, le couple Obama est hypocrite, et cherche à restreindre la liberté des citoyens.

Santé et environnement, instruments politiques au profit de stratégies électorales à court terme ?
N. Sarkozy cherche à s’allier le monde agricole réunit au salon de l’agriculture. Aux Etats-Unis, c’est la campagne contre l’obésité des enfants qui est mise en cause pour raisons politiques.

L’énormité et l’absurdité de ces rhétoriques électoralistes nous font nous interroger sur les véritables intérêts qui sont en jeu.
Que le PS rejoigne Nicolas Sarkozy sur ce sujet est très révélateur.
Que l'on puisse nié le problème de l'obésité aux USA au profit de la "liberté" de consommer, montre à quel point le secteur agro-alimentaire américain a conquis les esprits.
Rappelons qu’en France, l'agroalimentaire est le premier secteur industriel (162,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires) et le troisième en tant qu’employeur. L’industrie agroalimentaire est également le premier exportateur (74% des exportations françaises viennent du secteur agro alimentaire). Il s’agit d’un secteur concentré, puisque 45% du chiffre d’affaire du secteur a été réalisé par ses 20 plus grosses entreprises.

dimanche 30 janvier 2011

Retrouver un environnement alimentaire sain, non toxique

Manger moins, bouger plus, faire du sport, marcher au moins une demi-heure par jour, manger cinq fruits et légumes par jour, moins gras, moins salé, moins sucré…
Depuis des années, ces slogans envahissent les publicités, sur les écrans, à la radio, dans la presse, dans les cabinets médicaux. L’Etat, le monde médical, les nutritionnistes, les compagnies de l’industrie agro-alimentaire semblent s’être entendus pour matraquer le même message à notre attention, dans le noble but d’améliorer notre santé, comme si le consommateur s’était perdu, sur le chemin qui mène à la bonne alimentation et à la bonne santé. L’obésité, la prise de poids apparaissent aujourd’hui comme l'ennemi commun de ceux qui semblent se préoccuper de la santé des consommateurs.
Ce qui n’est somme toute qu’un conseil des plus primaires (« manger moins, bouger plus » par exemple) semble être aujourd’hui la formule magique qui permettra aux consommateurs, spectateurs des publicités pour les produits vendus par l’agro-alimentaire, de vivre en bonne santé jusqu’à 130 ans.
Le spectateur est totalement confus, indécis. Il n’y a pas une année, voire un mois, sans que de nouveaux scandales éclatent sur de nouveaux composants alimentaires délétères pour notre santé. Expertises, contre-expertises donnent des recommandations, et leur contraire.
Le message de tous ces slogans semble renvoyer, dans le fonds, au comportement individuel de chacun, à la responsabilité de consommateur. On pourrait même dire que le slogan « manger moins bouger plus » dédouane totalement les compagnies agro-alimentaires de leur responsabilité à nous refourguer les poisons produits pour et par les usines à bouffe.
Car enfin, aujourd’hui, bien au-delà des quantités de ce que nous mangeons, du sel, du sucre, du gras, c’est de la qualité des aliments qu’il convient de faire attention.
Aujourd’hui, la nourriture est une industrie. On pourrait même aller plus loin. Aujourd’hui, une grande partie de l’alimentation est soit produite en usine, soit comporte des produits invisibles non crédités produits en usine, dont de nombreux produits toxiques ou dont la dangerosité n’a jamais été vérifiée.
C’est évident pour le cas des plats tous préparés, des plats en boîtes, de la majorité des aliments vendus en surgelés (pizzas, desserts), mais qui pense aujourd’hui que les fameux 5 fruits et légumes qu’il mange chaque jour pour garder la santé, comportent de manière quasi certaine des produits toxiques comme les insecticides et autres dérivés de l’industrie chimique ?
Aujourd’hui, la vraie question est celle de la qualité des aliments.
Aujourd’hui, le vrai slogan devrait être « faites attention à ne pas manger des aliments toxiques »


Pendant des millénaires, l’homme a soit mangé les aliments qu’il cueillait, chassait, ou faisait pousser lui-même.
Avec l’apparition des villes, du commerce, de l’agriculture, certaines catégories de la population ont commencé à se nourrir des aliments que d’autres faisaient pousser, ou élevaient pour eux.
Mais ce n’est que depuis quelques décennies que ce que nous mangeons est produit en usine, ou fabriqué de manière chimique à l’échelle industrielle (aspartame, sirop de fructose-glucose), ou comporte des éléments qui tuent la vie (insectes, micro-champignons).

Certes, l’espérance de vie moyenne des hommes n’a pas cessé augmenté depuis des décennies, avec l’accès aux soins et la professionnalisation des métiers de la santé et de la recherche scientifique, l’amélioration de l’hygiène, la disparition de certaines maladies et virus. Mais dans le même temps d’autres types de maux pourrissaient totalement nos vies : cancers, diabètes, maladies cardio-vasculaires sont des maladies typiquement modernes dont l’origine est largement liée à la qualité de notre alimentation.

Nous sommes aujourd’hui en période transition.
Il est des plus importants de faire un choix. Soit nous prenons le risque de continuer à manger les produits issus des usines de l’industrie agro-alimentaire (dont le but est de faire du profit, et non pas de maintenir la santé des consommateurs), soit nous décidons de manger des produits sains, biologiques.
Nous sommes des consommateurs, mais aussi des citoyens, nous avons le pouvoir de changer la donne.

Aujourd’hui, nous sommes majoritairement citadins, coupés des lieux de production de l’alimentation. Cependant, nous avons le pouvoir de changer les modes de production des aliments. Ce que veulent les industriels, c’est notre argent.
Notre argent est un bulletin de vote.
L’argent est aujourd’hui devenu le principal vecteur de notre rapport au monde. Notre argent est le fruit de l’énergie que nous avons dépensé au travail.
Allons nous continuer à utiliser cet argent à enrichir ceux-là mêmes qui nous empoisonnent lentement pour faire de l’argent ? Ou bien allons nous décider de donner notre argent à ceux qui veulent un autre monde, respectueux de l’équilibre écologique, de la nature et par là, de notre santé ?
C’est un choix, à vous de décider du monde que vous voulez.

mardi 25 janvier 2011

Déchets toxiques de l'agriculture




Ceux qui ont vu "Les Simpsons, le film" se souviennent que le point de départ de l'intrigue est l'amour fou que porte Homer envers un cochon. Le cochon devient son animal de compagnie et Homer l'apprécie plus que sa propre famille. Cependant, pour profiter d'une promotion temporaire de Donuts gratuits, Homer décide de se débarrasser de son lisier de porc de manière expéditive : il va jeter le silo de lisier dans le lac de Springfield, déclenchant une catastrophe écologique qui provoque jusqu'à la mutation des espèces animales.
Ce qui peut apparaître comme un simple ressort d'intrigue pour la suite du film est en fait une situation qui existe vraiment aux Etats-Unis. D'ailleurs, les habitués de la série TV des Simpsons ne seront pas étonnés : de nombreux épisodes s'appuient sur les inépuisables travers et excès de la société américaine.

L'une des nombreuses informations données par Toxic, le livre de William Reymond, c'est celle de ces nombreuses villes et campagnes américaines intoxiquées et polluées par l'élevage industriel.
Chaque jour, un porc produit trois fois plus de déchets qu'un être humain et certaines "fermes" regroupent parfois jusqu'à 500 000 têtes (Reymond, p. 218-219). Il y a encore quelques décennies, les petites exploitations utilisaient ces déchets comme engrais pour les champs à proximité. Mais aujourd'hui, les quantités empêchent les éleveurs de se tourner vers cette solution.
Les sociétés d'élevage US ont néanmoins "trouvé" le moyen de se débarrasser de ces déchets. C'est ce qu'on appelle les "lagons". La solution consiste à creuser des trous dans la terre, pour le remplir ensuite. Certains font 10 000 m2, pour une profondeur de 9m (Reymond, p.220)

En 1990 en Caroline du Nord, l'ouragan Floyd a causé un désastre écologique en déversant 500 millions de litres de déjections dans les rivières alentours, détruisant la vie aquatique pour de nombreuses années.
En France, la situation est grave aussi. La Bretagne produit 56% du porc français, soit 1 321 000 tonnes (chiffres 2002, pdf). On connaît les résultats de cette production : nappes phréatiques polluées, plages envahies par les "algues vertes".
William Reymond, Toxic, Flammarion, 2007, réédition J'ai lu, 2009