samedi 9 avril 2022

L'évolution alternative, une utopie née en Ukraine



Une utopie écologiste originale, venue de l'Ukraine des années 1980, où l'on sent l'influence mystique de Teilhard de Chardin.



"Tout le génie des savants, des ingénieurs, des travailleurs, tous les efforts des mères, des paysans, des chercheurs, des penseurs, aboutissent dans la gueule du dragon de la guerre. Signer tel ou tel chiffon de papier, tel ou tel traité n'est que perte de temps, tromperie de l'opinion publique. Et de fait, que représentent ces feuilles de papier face au flot ininterrompu des chars, des fusées, des avions et des bombes atomiques qui s'écoule par les portes béantes de centaines d'usines pour secouer de son rugissement notre planète ensanglantée ?

Cependant, le danger de la guerre qui est suspendu au-dessus de la terre n'est qu'une face de la catastrophe qui nous menace. L'autre face — le désastre écologique — est beaucoup plus dangereuse. Tous ceux qui réfléchissent tant soit  peu   le  savent.   Presque  tout  le  monde  en   parle.   Des centaines  de comités  pour la défense de la nature  se sont créés,  des centaines  de  symposiums  et  de  congrès  pour la sauvegarde de l'environnement se réunissent. Mais leurs résolutions,   leurs  recommandations  restent à l'état  de  vœux pieux et n'influencent en rien les décisions des administrations. Et sous l'œil passif de ces comités, la destruction de l'environnement continue d'aller bon  train.  Ces  symptômes sont graves ; ils renforcent notre conclusion que seuls des individus et des groupes enthousiastes seront capables d'initiatives  et de réalisations réalistes. Les directives des bureaucrates n'engendrent quant à elles que routine et ennui. Conscients des dangers qui nous menacent ainsi que de notre responsabilité personnelle quant au destin du monde, et profondément convaincus qu'aucun effort honnête pour le bonheur de l'humanité ne sera inutile, nous avons créé, en décembre 1976, le Groupe d'initiative pour l'Evolution alternative, dont l'idéal est la défense de la biosphère terrestre.

(...)



Naturellement, la condition essentielle pour parvenir à cette unité est la cessation de toute forme de tuerie. Toute chose vivante (excepté les parasites complets qui sont inaptes à la transformation) doit être protégée.

La bioénergétique (nourriture) doit se limiter aux fruits, graines et racines, au miel et au lait. Les grands prédateurs, qui ne sont pas capables de parvenir à une conversion complète au régime végétarien, seront exclus des zones de l'Evolution alternative.

Let animaux et les plantes prennent une part égale à l'expérience cosmique. L'homme n'en est que l'initiateur et doit traiter toutes les formes de vie comme ses enfants. Seul ce type d'attitude peut donner des résultats positifs aux expériences.

Ces expériences aboutiront à des mutations inhabituelles, à la création de nouvelles formes, de nouvelles espèces, de nouveaux types de plantes et d'animaux qui correspondront à la profonde unité de l'Etre, laquelle, dans la biosphère hostile où il se trouve, ne peut pas s'exprimer. L'équilibre de l'amour que créera l'homme, lui permettra de résoudre des problèmes scientifiques qui semblent aujourd'hui mystiques et insolubles. Il est nécessaire de s'appuyer sur des ressources énergétiques radicalement nouvelles. La technologie fondée sur la combustion, qui empoisonne l'atmosphère et la noosphère, est exclue de l'Evolution alternative. Il est très probable qu'une autre façon d'utiliser la psycho-énergie sera découverte.

Les laboratoires et les complexes scientifiques des zones de l'Evolution alternative doivent avoir toute liberté de recherche et d'expérience. Au début, on pourra utiliser des méthodes traditionnelles, puis introduire graduellement des méthodes alternatives qui synthétiseront le génie oriental et le génie occidental, le Passé et le Présent.

Les zones de l'Evolution alternative doivent s'autogouverner et s'auto-entretenir totalement. Une coordination fraternelle sera réalisée entre elles par l'intermédiaire d'un centre mondial des Nations-Unies ou par l'échange direct des expériences et de leurs résultats.

Le succès de l'Evolution alternative aura incontestablement une influence positive sur la situation mondiale et l'améliorera. Le Monde recouvrera son équilibre psychique et spirituel, ce qui conduira à la formation d'une Fraternité Unique des Nations de la Planète et à la réalisation du Testament des Grands Maîtres de l'Humanité.

Oless Berdnyk, écrivain. 

Mykola Rudenko, écrivain. 

Petro Khartchenko, biologiste, 

(Ukraine sacrée. Ed. « Smoloskyp ». Baltimore, 1980).

Oless Berdnyk, La Confrérie étoilée, PIUF-FIDES, Paris-Montréal, traduit de l’ukrainien par Kaléna Houzar-Uhryn, 1985.

jeudi 14 février 2019

Les origines d'une vague d'obésité mondiale

Toutes les statistiques convergeaient : la crise d'obésité avait bien explosé à la fin des années 1970.
(...)
Trouver les raisons de cette brusque contamination donnait la clé de la pandémie.
(...)
L'accroissement de la production par l'agriculture hyper-intensive
Mettant à terre 50 ans  de contrôle de la production, des stocks et des prix, le patron de l'USDA (United States Department of Agriculture, sous Nixon) souhaitait que les fermiers américains se lancent dans l'agriculture de masse. Une nouvelle donne où le petit propriétaire n'aurait plus sa place. Il fallait "devenir gros ou disparaître".
Pour Butz (patron de l'USDA), l'agriculture du XXe siècle s'apparentait à des champs uniformes, cultivés au maximum de leurs capacité, dont le rendement serait poussé grâce aux techniques modernes, allant du tracteur hautes performances à l'usage massif d'herbicides, pesticides et autres engrais chimiques. 
Cette modernisation forcée s'avérait financièrement insupportable pour la majorité des agriculteurs.
(...)
La moitié de la production de volailles, des œufs à la viande, appartient à quatre groupes, qui centralisent 80% de celle-ci dans deux états, la Pennsylvanie et le Texas. Quatre autres compagnies, DuPont, Dow chemical, Novartis et Monsanto, contrôlent, elles, 75% des ventes de graines de maïs.
Enfin, seulement six compagnies monopolisent presque totalité de la production de grains, du maïs au soja, en passant par le blé.
En 1978, quatre ans après l'accord signé avec les Russes (la vente aux Russes de l'équivalent de 80% du blé consommé par les ménages américains), la quantité de nourriture produite quotidiennement pour un Américain s'était accrue de 500 calories. Et ce en moins de dix ans. Désormais chaque habitant disposait de 3200 calories pour satisfaire son appétit. En 2000, poursuivant la tendance, le chiffre atteignit 3900. L'appareil de production alimentaire américain "fabriquait" donc le double des besoins de sa population actuelle.
Même si une partie de cette surproduction est gaspillée, le reste est bien englouti, avalé, ingurgité par l'Amérique.
***
L'utilisation du surplus céréalier obtenu par l'hyper-intensification de l'agriculture pour la fabrication de sirop de glucose et son introduction dans les aliments.

Depuis le milieu des années 50, les chimistes de la Clinton Processing Company (CCPC) travaillaient sur un concept censé leur ouvrir de nouveaux débouchés. Ils souhaitaient réussir une hydrolyse de l'amidon du Maïs pour obtenir du sirop de glucose. 
En cas de succès, à terme, les céréaliers seraient alors en mesure de concurrencer les importateurs de sucre, dont la consommation et le prix n'avaient cessé de grimper depuis la fin de la guerre. L'Amérique importait en effet l'essentiel de la production de canne à sucre.
Les chercheurs de la CCPC avaient donc découvert une enzyme permettant d'hydroliser le glucose en fructose. Le HFCS 42 présentait deux autres avantages : il était technologiquement plus intéressant que le sucre grâce à sa conservation plus longue et à son aptitude aux mélanges supérieure, mais surtout il était moins cher à produire.
De 1967 à 1971, le HFCS fut développé et testé avec succès. Il restait à le lancer sur le marché américain.
La CCPC, propriétaire du premier brevet, représentait le partenaire idéal.
D'autant qu'en cette fin d'année 1973, grâce à Earl Butz, la compagnie de l'Iowa gérait des milliers de silos regorgeant de grains de maïs de coûtant pas grand-chose.

En 1976, alors que le marché de l'HFCS semblait parvenu à saturation, ADM (Archer Daniels Midland) rachetait la CCPC et investissait massivement dans la production de sirop de glucose-fructose.
Avant 1978 les débouchés du HFCS étaient restreints.
Les premiers utilisateurs, les fabricants de sodas, hésitaient en effet à remplacer le sucre. Le HFCS n'ayant pas exactement le même goût que la canne à sucre.
A en croire Dwayne Andreas (Pendant vingt-cinq ans, il a dirigé Archer Daniels Midland (ADM), le plus grand transformateur de produits agricoles aux États-Unis.), ADM avait inventé une véritable martingale. Ses chimistes étaient parvenus à modifier la recette originale du HFCS 42 et avaient mis au point un nouveau mélange contenant 55% de fructose. Avantage du HFCS 55, ne pas avoir les inconvénients gustatifs de son prédécesseur. Andreas allait pouvoir abattre cette carte et convaincre Coca-Cola. 


A la fin des années 1970, la Compagnie [Coca Cola] s'était engagée dans une course frénétique de part de marché. Le patron de Coke ne se satisfaisait pourtant pas de la première place. Il voulait définitivement écraser Pepsi-Cola, puis s'attaquer au marché de l'eau.
Or, l'offre d'Andreas était le meilleur moyen de réussir.
Depuis quelques années (...)Coca-Cola était en effet agacé par le succès grandissant de Pepsi, les Américains préférant son goût plus doux.
L'HFCS 55 apportait la solution : plus riche en fructose, son goût s'avérait plus rond que celui du sucre. Sans avoir à modifier les proportions de sa recette, Coke put donc s'approcher de la formule de son concurrent.
En outre, Andreas disposait d'un autre argument de poids apte à convaincre. Grâce aux subventions de Washington, ADM pouvait vendre son produit à prix plancher. Concrètement, si coca-Cola abandonnait le sucre pour adopter l'HFCS, la firme ferait une économie de 20 à 30%.
Andreas avait enfin une ultime cartouche à tirer. Le volume des ventes de Coca-Cola se voyait contenu par le principe du glouton. Rares étaient en effet les consommateurs prêts à acheter et à boire deux bouteilles de soda d'affilé. Coke avait relégué sa légendaire bouteille de 18 cl pour la remplacer par une canette de 35,5 cl, mais si le coût de fabrication avait doublé, le prix non, Atlanta préférant rogner sur sa confortable marge plutôt qu'effrayer le client.
Cependant, cette méthode avait ses limites. Accroître encore la taille des bouteilles semblait délicat : elles auraient été soient trop chères, soient insuffisamment rentables.
Se convertir au sucre de maïs, c'était briser cet étau.
Tout le monde allait en profiter. McDonald's, le premier client de la Compagnie, récolterait sa part de bénéfices. Le Coke moyen s'y vendait 1,29 dollar en moyenne. Pour remplir un verre, en plus de l'eau et de la glace, 9 cents étaient consacrés à l'achat du sirop de Coca-Cola. Avec le HFCS 55, le coût du sirop supplémentaire n'excèderait pas 3 cents.

Coca-Cola ayant cédé en acceptant de passer au tout HFCS, un verrou venait de sauter. Et bientôt, les vendeurs de hamburgers et les fabricants de confiserie, de jus de fruit, de ketchup, de boîtes de conserves... en feraient autant.



Aujourd'hui, le HFCS est une superstar. Chaque année, 530 millions de boisseaux de maïs sont industriellement transformés en 8 milliards de litres de jus de glucose-fructose. On le retrouve partout. Et principalement dans les sodas.
On estime qu'une canette de soda dégage presque 90% de profits.
Ainsi depuis 1971, la consommation a plus que doublé aux Etats-Unis pour atteindre une moyenne de 575 canettes de 35,5 cl par Américain pour l'année 2005.
En fait, le succès est tel que les sodas sont désormais ici la première source de calories et même l'aliment le plus consommé du pays !
Lorsqu'un seul produit atteint un tel niveau de consommation, représentant en moyenne 7% de l'apport calorifique de l'Américain, il devient légitime d'évaluer son rôle dans la crise de l'obésité.
Le premier élément à charge est l'évolution parallèle des courbes de l'obésité et de l'absorption de ces boissons. Selon le bureau de recherche de l'USDA, la consommation de colas a connu une première explosion entre 1967 et 1977. Soit avant l'introduction du HFCS quand en dix ans, l'Américain s'est mis à boire 350 canettes par an contre 200 en 1967.
Dans la même période, le taux d'Américains obèses ou en surcharge pondérale monte à 45%.
En 1987, la consommation est passée de 475 canettes par an. Dix ans plus tard on arrive à 585.
Le taux d'obésité ? De 15% en 1976, il a grimpé à 23% en 1988 et 31% en 1999. Lorsqu'on cumule ce pourcentage avec celui des Américains en surcharge pondérale, on constate le même mouvement : les 45% de 1976 sont arrivés à 56% puis à 65%.

Chaque année, les adolescents américains absorbent l'équivalent de 15 cuillères à café de sucre contenu dans les sodas sous forme d'HFCS. Des chiffres énormes... encore en dessous de la réalité  [ne sont pas prises en compte les boissons type Gatorade et jus de fruit qui contiennent aussi du sirop de glucose-fructose)
Comment cet état de fait est-il possible alors qu'à cet âge-là, l'essentiel de la journée se passe en classe ? Eh bien, il n'y a en réalité rien que de plus normal puisque la guerre des colas se déroule aujourd'hui à l'école.
Les stratégies mises en œuvre sur ce point mériteraient à elles seules un autre livre. Il y serait question de l'incroyable paradoxe américain qui voit les écoles publiques ne pas avoir d'autres recours pour financer certaines activités que d'accepter les millions de Coke ou de Pepsi.


William Reymond, Toxic, Flammarion, 2007, réédition J'ai lu, 2009

Index glycémique des aliments









































Anticancer  : prévenir et lutter grâce à nos défenses naturelles / David Servan-Schreiber et
Sylvie  Dessert.
Paris : Pocket, 2009

dimanche 7 mai 2017

Les choux, superaliment / alicament

Superaliment ou alicaments? La nutrithérapie serait peut-être le mot le plus adapté. Certes nous sommes à l'heure de la mal-bouffe. Mais  les fruits et légumes qui sont à notre disposition sont très variés et nombreux. La nourriture est la première médecine...

Les guérisseurs traditionnels de la Rome antique pensaient qu’ils pouvaient venir à bout d’un cancer du sein en pratiquant des frictions à l’aide d’une pâte de chou. Il y a encore quelques années, nos modernes scientifiques auraient encore renvoyé de telles pratiques au rang des superstitions (…). Aujourd’hui, ils n’en sont plus aussi certains car cette pâte a prévenu l’apparition de tumeurs chez des animaux de laboratoire.
Bien entendu, le meilleur moyen d’absorber les vertus thérapeutiques du chou consiste tout simplement à en manger. Les recherches ont en effet confirmé que ce légume permet non seulement de lutter contre toutes sortes de cancers, mais qu’il contient également toute une palette de nutriments capables de prévenir les maladies cardiovasculaires, les troubles digestifs et diverses autres maladies.

(…)
Le chou est particulièrement efficace dans la prévention des cancers du sein, de la prostate et du côlon. Selon les chercheurs, deux substances en particulier font du chou un remède particulièrement puissant contre le cancer. la première, appelée indole-3-carbinol, ou I3C, est surtout efficace contre le cancer du sein.(…) Cette substance complexe joue le rôle d’anti-oestrogène, c’est-à-dire qu’elle évacue l’oestrogène nocif qui joue un rôle dans le cancer du sein.
(…)
Afin d’obtenir un niveau de protection encore plus élevé, prenez l’habitude de remplacer la variété de chou que vous utilisez par du chou chinois, ou bok choy. Les recherches en laboratoire ont permis de constater qu’une substance complexe de cette variété de chou, la brassinine, pourrait contribuer à prévenir les tumeurs mammaires. Le chou contient encore une substance complexe, le sulforaphane, dont il est prouvé qu’elle inhibe le processus cancéreux en augmentant dans l’organisme la production d’enzymes capables de lutter contre les tumeurs. (…)
C’est également grâce au sulforaphane que le chou est une arme particulièrement efficace contre le cancer du côlon, car il stimule les taux d’une enzyme présente dans le côlon, le glutathion. Les chercheurs pensent que cette enzyme élimine les toxines en les évacuant du corps avant qu’elles n’aient eu le temps d’endommager les cellules délicates de la muqueuse intestinale.

Pour obtenir la meilleure protection possible, toutefois, rien ne vaut le chou de Milan, selon les chercheurs. Cette variété  contient non seulement du I3C et du sulphoraphane, mais également quatre autres phytonutriments (…) : du bêtasitostérol, de la phéophytine-a, du nonacosane et du nonacosanone, dont les études scientifiques ont montré qu’ils jouaient un rôle très important dans la lutte contre les substances potentiellement cancérigènes.
(…)
Les membres de la famille des choux sont bourrés de (…) nutriments complexes. Sur ce plan, les meilleurs sont le chou chinois, ou bok choy, et le chou de Milan, qui sont d’excellentes sources de bêtacarotène (…). Les recherches ont établi un rapport entre des taux élevés de bêtacarotène dans le sang et l’abaissement du risque de crise cardiaque, de certains cancers et de cataractes.
(…)
Une portion de bok choy cru peut fournir 16 milligrammes de vitamine C, soit 27% de l’apport journalier, tandis que la même quantité de chou de Milan en apporte 11 mg.
(…)
Le bok-choy et le chou de Milan sont également de bonnes sources de folate, dont une 1/2 portion de l’un comme de l’autre, peut apporter environ 35 micro grammes (9% de l’apport journalier). Notre organisme a besoin de folate pour maintenir la croissance normale de nos tissus organiques.
Diverses études ont montré par ailleurs que le folate pouvait également nous protéger contre le cancer, les maladies cardiovasculaires et les malformations congénitales. Ainsi que l’ont établi les recherches, les femmes sont exposées à un risque plus élevé de carence en folate, surtout lorsqu’elles prennent la pilule.


Critères de choix, préparation et conservation

En faisant bouillir le chou, nous nous privons d’à peu près la moitié des précieux indoles qu’il contient. Afin de préserver le plus possible ces substances complexes, mangez le chou de préférence cru.

Une tête de chou se conserve jusqu’à 10 jours dans le compartiment à légumes du réfrigérateur, ce qui vous permettra d’en manger une petite portion chaque jour sans craindre qu’il s’abîme.

(...)
Il y a bien sûr cette petite odeur, mais il suffit de peu pour y remédier. La prochaine fois que vous cuirez du chou, ajoutez dans la casserole une tige de céleri ou une noix entière (sans ôter la coque). Cette simple précaution neutralisera l'odeur.

Selene Yeager, Guide des alicaments, Marabout, 1998, p.163-166

dimanche 9 avril 2017

Relations entre fibres et cancer du côlon


Première cause de mortalité dans les pays occidentaux, 25000 nouveaux cas de cancer du côlon et plus de 15000 décès dus à cette maladie sont dénombrés chaque année en France. Bien qu’il existe des facteurs génétiques de prédisposition, les facteurs environnementaux, et en particulier l’alimentation, jouent un rôle essentiel dans l’incidence de ce type de cancer.
Une forte proportion de cancers du côlon se développe à partir d’une tumeur bénigne, souvent appelée polype. (…) Les facteurs alimentaires sont susceptibles d’agir sur l’apparition, le développement ou la transformation de ces polypes.
Les causes du cancer du gros intestin sont probablement multifactorielles : un excès d’ingestion de graisse et de protéines animales serait un facteur prédisposant, de même qu’une insuffisance de glucides complexes, de fibres, de micro nutriments divers (vitamines A, D, E, C, acide folique).
Il semble que la consommation de fibres diverses (céréales, légumes) joue un rôle dans la prévention des cancers du côlon. Le rôle préventif de l’alimentation est encore plus probant lorsque l’apport lipidique est modéré et celui des fibres élevé. Le rôle protecteur des légumes est aujourd’hui bien établi, et on sait maintenant que les fibres ne constituent pas les seuls éléments bénéfiques des produits végétaux. un ensemble de micro nutriments (flavonoïdes; caroténoïdes, acide folique- - et pas seulement les fibres - expliquerait que les populations ayant une nourriture riche en produits végétaux, de type méditerranéen par exemple, soient moins touchées par ce cancer.
Par leur effet d’encombrement digestif, les fibres diluent les agents potentiellement cancérigènes et diminuent leur agressivité sur la muqueuse colique. Les fermentations permettent l’insolubilisation des composés virtuellement toxiques tels que les sels biliaires. Le risque de cancer du côlon pourrait donc être réduit en déprimant la concentration intestinale de ces produits, c’est-à-dire en consommant moins de graisses et plus de fibres alimentaires.
les mécanismes par lesquels les protéines pourraient favoriser la cancérogenèse sont peu connus. la cuisson des viandes peut produire des substances cancérigènes, dont le devenir est certainement dépendant de l’activité de la flore intestinale comme celui d’autres substances étrangères à l’organismes. Il est probable que les fibres, en stimulant les fermentations, diminuent l’apparition de métabolites azotés sans doute toxiques pour la paroi intestinale, comme l’ammoniac.
Comme dans d’autres pathologies, une production excessive de radicaux libres pourrait jouer un rôle important dans l’incidence des cancers coliques. A cet égard, des fermentations actives créent un milieu réducteur susceptible d’inhiber certains processus d’oxydation. Divers agents sont câbles d’amorcer cette production radicalaire, notamment des métaux comme le fer, alors que de nombreux composés d’origine végétale peuvent inhiber ces réactions. Ainsi, l’acide physique des céréales, considéré comme un facteur antinutritionnel vis-à-vis de la digestibilité des minéraux, joue en fait un rôle physiologique intéressant. (…)
En conclusion, nous rappellerons que les fibres sont indispensables à l’entretien  de fermentations symbiotiques dans le côlon, ce qui est à mettre en relation avec leur effet sur la diminution des cancers du côlon.Cependant, elles exercent aussi d’autres effets notables, en particulier en favorisant le rôle d’excrétion exercé par le côlon (élimination du cholestérol de l’azote) ou en ralentissant la vitesse d’absorption des nutriments. Bien que les fibres possèdent des propriétés digestives et métaboliques intéressantes, il faut éviter de dissocier leurs effets de ceux, plus globaux, des végétaux qui les contiennent.

Ch. Rémésy, Alimentation et santé, Flammarion, 1994, p.46-49

Glucides rapides / glucides lents ?

Pendant longtemps, on a donné aux glucides solubles purifiés le nom de « glucides rapides » par opposition  aux amidons, qualifiés de « glucides lents ». En fait, les traitements technologiques ou culinaires des produits riches en amidon, par exemple le pain blanc, peuvent les rendre aussi rapidement digestibles que le saccharose, si bien que le terme de glucides lents est réservé actuellement aux seuls aliments lentement dégradés (pâtes alimentaires, légumes secs). La vitesse de digestion de l’amidon est normalement limitée par l’attaque d’une enzyme pancréatique; cependant, certains amidons sont plus résistants que d’autres à cette attaque et leur utilisation peut être intéressante pour ralentir la vitesse d’absorption du glucose. Si l’amidon est débarrassé des structures fibreuses présentes présentes dans la graine, s’il est dénaturé par chauffage, voire déjà partiellement scindé, il peut devenir très accessible aux enzymes et rejoindre la classe des glucides dits rapides. Au contraire, lorsque l’amidon est consommé avec la majorité des constituants de la graine, comme dans le pain complet et les légumineuses, il est relativement protégé, malgré la cuisson, et sa digestibilité est plus lente.
La propriété des glucides alimentaires d’élever le taux de glucose dans le sang est définie par un index glycérique, avec une valeur 100 pour le glucose pur ou les glucides très rapidement absorbés. C’est ainsi qu’a  pu être mis en évidence le bon index glycérique des glucides complexes (légumes secs, pâtes alimentaires, céréales complètes, voire fruits).
Les sucres ou les glucides rapides perturbent beaucoup moins la glycémie  lorsqu’ils sont consommés durant un repas que lorsqu’ils sont ingérés seuls. cependant, l’alimentation actuelle semble trop riche en glucides purifiés : les farines de blé d’usage courant ont déjà perdu plus de 50% des vitamines du groupe B et des minéraux. Il est clair que les glucides complexes sont bien adaptés à notre physiologie, non seulement pour la fourniture du glucose, mais aussi pour celle des substrats nécessaires à la flore du gros intestin. En effet, quelle que soit l’efficacité de la digestion pancréatique et intestinale, de nombreuses sources d’amidon ne sont pas entièrement digérées dans l’intestin grêle et cet amidon résistant sert à la flore du côlon qui a un besoin permanent de substrat glucidiques.


Ch. Rémésy, Alimentation et santé, Flammarion, 1994, p.14-15

Fibres et élimination du cholestérol



Les fibres peuvent jouer un rôle important dans la prévention des maladies cardiovasculaires, car elles sont susceptibles de favoriser l’élimination du cholestérol ou des sels biliaires qui en dérivent, en diminuant leur absorption digestive; cette action est renforcée dans le as des fibres  des fruits et légumes par divers micro nutriments. Les fibres solubles des céréales (bêta-lucanes de l’orge et de l’avoine) ou les pectines des fruits favorisent la baisse du cholestérol. dans le gros intestin, bien que les fibres soient détruites, les fermentations permettent d’insolubiliser les sels biliaires, ce qui diminue à la fois leur toxicité et leur possibilité d’ultime réabsorption. En augmentant elles pertes fécales de sels biliaires les fibres entrainent en retour leur production par le foie, ce qui contribue à prévenir la lithines biliaire (formation de calculs dans la vésicule biliaire) en évitant que le cholestérol soit en excès dans la bile et qu’il précipite.
L’utilisation d’une large gamme de produits d’origine végétale permet non seulement de bénéficier de l’action synergique hypocholestérolémiante (terme qualifiant ce qui est susceptible de faire baisser les lipides dans le sang) des fibres et des protéines végétales, mais aussi d’apporter un maximum de micro nutriments protecteurs de lipides.


Ch. Rémésy, Alimentation et santé, Flammarion, 1994, p.45-46.

dimanche 21 février 2016

Santé au travail


La "santé "ne passe pas seulement par la bonne santé physique. C'est un ensemble qui comporte aussi la santé psychique et notamment l'estime de soi. Le lieu de travail où l'on passe une grande partie de notre vie est un endroit où notre santé et notre bien-être peuvent être malmenés. Description du processus destructeur du management du personnel dans le monde des "entretiens d'évaluation individuel"



"Un des changements essentiels ayant eu lieu dans le management taylorien et bureaucratique a été l'introduction d'un traitement différencié des salariés d'une même catégorie en fonction de leurs résultats et de leurs engagements. Sous l'apparence d'une gestion équitable des écarts individuels de productivité, l'individualisation du travail s'est montrée une forme de domination particulièrement perverse, destinée à obtenir une soumission "librement consentie", ou ce que La Boétie désigna comme "servitude volontaire" ; autrement dit, se soumettre avec l'illusion de ne pas y être obligé et d'avoir le choix de réaliser les objectifs.
La gestion individualisée des "ressources humaines" couvre l'ensemble du processus des recrutements, des primes, des promotions, des mobilités jusqu'aux licenciements. L'entretien individuel d'évaluation est la pièce maîtresse du dispositif d'individualisation. Des millions d'employés et de cadres rencontrent une, deux ou trois fois par an leur "n + 1", pour dresser un bilan sur les objectifs qu'ils ont ou non atteints et pour fixer les prochains à venir. Chacun sait que le bilan détermine la hauteur des primes au mérite versées, pudiquement nommées "part variable", les éventuelles promotions, mais aussi la liste des personnes à licencier.
Mais qu'est-ce qui est réellement évalué ? L'activité de travail réside dans la mise en oeuvre concrète de savoirs et savoir-faire professionnels, d'expériences et de créativités personnelles, de capacités de coopération. Nous en faisons tous le constat répété : par rapport à ce qui lui est demandé, le salarié doit réagir en permanence aux événements imprévus qui perturbent le déroulement réputé normal des tâches prescrites. Sa réaction, quand elle est inventive et singulière, peut résoudre de multiples problèmes, grands et petits. L'inventivité personnelle (les "tours de main", l'expérience, les "ficelles du métier", le "système D") correspond à notre désir d'être utile ou au plaisir du travail bien fait (que les Compagnons appelaient avec fierté "la belle ouvrage") que la sociologie du travail désigne comme étant le travail réel par rapport au travail prescrit.  
(...) La capacité d'initiative et la contribution singulière  au travail collectif  appellent la reconnaissance des pairs et de la hiérarchie. Mais ce travail singulier et créatif de chacun ne se mesure pas et ne peut pas se mesurer. Les critères d'évaluation ne se réfèrent pas qu'aux objectifs fixés et aux tâches prescrites, lesquels sont quantifiés, c'est-à-dire traduits en chiffres et en "ratios", pour donner lieu à notation lors de l'entretien. Tel salarié qui n'a pas fourni la meilleure qualité de travail peut très bien avoir atteint le rendement exigé si son environnement a été favorable, par rapport à un autre qui travaille mieux dans des conditions plus difficiles. On comprend dès lors que les sentiments d'injustice puissent se multiplier et être à l'origine de souffrances. Les médecins du travail témoignent souvent que des personnes demandent à les consulter en sortant d'entretien d'évaluation à la suite de montées d'angoisse.
En fait l'évaluation individuelle devient essentiellement un dispositif de pouvoir managérial pour contraindre les salariés à la performance maximale, et aussi les empêcher de contester leur autorité et les pressions de l'organisation du travail. L'évaluation de la performance, la recherche des primes et des promotions produisent une concurrence de fait entre les salariés d'un même atelier ou service. Et il n'est pas rare que les travailleurs les plus anciens se plaignent de la perte des solidarités, de l'entraide et du respect mutuel qui régnaient dans les équipes, au profit d'une lutte des uns contre les autres pour obtenir les meilleures primes et les meilleures places, ou au pire pour ne pas être virés. En lieu et place de contester l'arbitraire patronal, c'est à qui sera le meilleur, les "mauvais" étant montrés du doigt jusqu'à être affichés à l'entrée des centres d'appel.

L'évaluation exige aussi des salariés un comportement et une adhésion conformes aux exigences managériales. Les critères de savoir (formation) et de savoir-faire (expérience et ancienneté) permettaient de mesurer la qualification professionnelle. Depuis une trentaine d'année, cette notion de "qualification professionnelle" s'est effacée au bénéfice de la "compétence" englobant le "savoir être": capacité de relation, de communication, d'engagement, d'initiative, d'autonomie, d'obéissance, etc. Inacceptable auparavant, le jugement porté sur le comportement personnel au travail a introduit l'arbitraire dans l'évaluation, d'autant qu'il repose sur des critère subjectifs quantifiés dans des systèmes obscurs de notation, alors que la mesure des comportements est en réalité impossible tant elle dépend de facteurs qualitatifs et circonstanciels. Cet aspect est essentiel. Il montre que la mobilisation de l'énergie dans le travail ne concerne plus seulement l'engagement physique et professionnel, mais aussi toute la personnalité du salarié. La direction et l'organisation du travail ont introduit la subjectivité dans l'évaluation professionnelle, c'est-à-dire ce qu'il y a de plus intime en nous-mêmes : notre affectivité et notre psychisme. Il n'est pas étonnant que ce changement soit générateur de souffrances ou de "risques psychosociaux", lorsque notre personnalité est engagée dans la réussite ou l'échec de notre travail, de notre lien avec les collègues et avec l'encadrement."



B. Floris & M. Ledun, La vie marchandise, Editions La Tengo, 2013, pp. 188-191

samedi 9 janvier 2016

Les glucides. Sucres rapides, sucres lents et "Fast food"

Les glucides, ou sucres, sont les premiers fournisseurs d'énergie de nos cellules. On les classe en deux catégories. Les sucres dits simples sont composés de petites molécules : ce sont les saccharoses (le sucre courant), le lactose (sucre du lait), le fructose (sucre des fruits) et le glucose. Ils se distinguent des sucres complexes, formés de très grosses molécules. Le plus courant des sucres complexes est l'amidon, qui se trouve dans les féculents (pâtes, riz, pommes de terre, légumes secs) les céréales et les farines.
Au cours du processus de digestion, tous ces glucides sont dégradés et transformés en glucose, qui nourrira les cellules par l'intermédiaire du sang. La différence entre sucres simples et complexes, c'est qu'ils n'agissent pas en même temps. Les premiers sont dits rapides, car ils passent rapidement dans le sang et peuvent donc être utilisés immédiatement. les seconds, du fait d'une digestion lente, vont passer dans les cellules au fur et à mesure. Mais attention : selon certaines conditions (raffinage, notamment) certains sucres complexes peuvent devenir rapides : c'est notamment le cas du pain blanc et des pommes de terre pelées. A l'inverse, l'absorption de glucides est ralentie lorsqu'ils sont consommés en même temps que les autres nutriments, associés aux fibres contenues dans les légumes, les fruits et les céréales complètes.


Lorsque le taux de glucose dans le sang (que l'on nomme glycémie) augmente, le pancréas sécrète une hormone, l'insuline, qui va stimuler le transport de ce glucose vers les cellules pour faire baisser la glycémie.
Si l'on apporte d'un coup une grande quantité de sucres rapides et très peu de sucres lents (le repas fast-food en est un exemple !), on déclenche une très forte sécrétion d'insuline, qui fera baisser la glycémie en faisant entrer le sucre dans les cellules. Un excès que le corps transformera en molécules de graisse et stockera en majorité dans nos cellules de réserve, les adipocytes.
On pourrait croire qu'ensuite, en l'absence d'apport de glucides, le corps ira puiser dans ces réserves, et tout rentrera dans l'ordre. Malheureusement, l'action de l'insuline continue alors que tout le sucre a déjà été assimilé, entraînant une légère "hypoclycémie" génératrice de fringale... que l'on sera tenté de calmer avec des produits sucrés. Et c'est le cercle vicieux : "Le sucre appelle le sucre" ! Cette spirale  ne peut être rompue que si notre alimentation comporte suffisamment de sucres lents, qui apporteront du "carburant" durant des heures. Voilà pourquoi les nutritionnistes recommandent une proportion de 2/3 de sucres lents contre 1/3 de sucres rapides.

B. Montelh, Les secrets des vitamines et oligo-éléments, Larousse, 2011, pp.10-12

lundi 28 septembre 2015

Diagnostic d'un malade de civilisation

L’état de santé général est bien souvent conséquence du mode de vie et de l'alimentation. Dans le texte ci-dessous écrit en 1973,  on nous décrit un malade victime de son régime alimentaire, de son rythme de vie, de ses préoccupations quotidiennes : l’ homme d’affaire. Relisant ce texte plus de 40 ans après, on ne peut que constater que ce diagnostic peut s’étendre à toutes les couches de la société, plus ou moins !!
***
"Si l'homme d'affaire voyage souvent, il a quand même une activité sédentaire.
Chargé de missions délicates, il a des responsabilités qui le rendent soucieux, nerveux.
Sollicité par des réunions mondaines, des cocktails ou des repas d'affaires, il est amené à manger beaucoup; à boire beaucoup.
Surmenage nerveux et mauvaise hygiène alimentaire sont le départ de bien des maux. Les malaises seront dûs aux "agressions", à la suralimentation, à l'excès d'alcool, à l'abus de tabac.

Toit d'abord, son entourage et lui remarquent une "certaine tendance à l'embonpoint"...
-Il se sent fatigué, parfois nerveux, migraineux, insomniaque...
-Il souffre d'aérophagie ou de brûlures d'estomac, de troubles digestifs.
-Il peut avoir des palpitations.
-il peut devenir sujet aux rhumatismes ou ressentir des troubles respiratoires.


Consultés à partir de malaises ressentis, les médecins diagnostiquent assez régulièrement les mêmes troubles : obésité, hypertension artérielle, troubles cardiaques, fragilité du foie.
A l'examen, le sang apparaît avec un taux de graisses, de cholestérol, de glucose ou d'acide urique trop élevé, prédisposant à l'infractus, au diabète, à l'arthrite, à la goutte.
(...)
D'après de récentes statistiques (...) on peut dire que 35% des causes de décès sont dus à des troubles résultants d'une mauvaise hygiène alimentaire, associée à une tension nerveuses permanente, dont les effets se sont accumulés peu à peu au cours des ans pour arriver à ces maladies de civilisation, maladies de pléthore dont l'homme d'affaire est la première victime.

Un régime alimentaire s'impose (...) pour un cas banal; le régime portera sur des restrictions d'ordre quantitatif (mois de plats au menu) et qualitatif (charcuterie, sauces, viandes et poissons gras, friture, alcool...)
Une meilleure répartition au cours de la journée est souhaitable. Les repas que l'on "saute" pour se donner bonne conscience et compenser les excès ne sont jamais la solution.
Si le malade présente une maladie bien déterminée (diabète par ex.), un régime approprié sera mis au point par un spécialiste.

La cure thermale
Les hommes d'affaire se retrouvent assez fréquemment dans une station (...) Enfin on apprend aux "surmenés" les secrets de la relaxation et les bienfaits d'un sport approprié et dirigé.

Mais le traitement le plus simple est encore le traitement préventif. Il est d'ordre psychologique, facile à entreprendre, et demande juste un peu de bon sens.
Les "affaires" souffriraient-elles vraiment d'un repas moins copieux ? de quelques apéritifs ou digestifs en moins ? On peut recevoir au restaurant en prévoyant un menu soigné et gastronomique, certes, mais équilibré et qui ne supprime pas les indispensables éléments crudités et légumes. "

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Vision prémonitoire, involontairement. Dans le même ouvrage pourtant, l’auteur nous met en garde le lecteur contre les boutiques "bio" : "ces aliments naturels qui peuvent faire rêver, risquent d'amener en réalité bien des désillusions" (page 115) (!!!). Sans oublier la défense du DDT  "malgré la rhétorique éperdue des « environnementalistes » au sujet de la pollution du monde par le DDT, de sa pénétration dans les chaînes alimentaires et des dommages incalculables qu’il infligerait à l’homme et aux animaux les accusations contre le DDT deviennent de moins en moins convaincantes" (page 118) (!!!). Comme quoi certains réussissent à se préoccuper de santé individuelle sans pour autant adopter une vision plus globale ou holistique.


N. Thonnat, L'alimentation en question- se nourrir avec son temps, Desclée de Brouwer, 1973, pp.148-150

N. Thonnat. L'alimentation en question, se nourrir avec son temps, Desclée de Brouwer, 1973.

Pesticides et société


Pendant les guerres du XXe siècle, une étape est franchie avec le triomphe de la chimie. L'utilisation agricole du DDT commence à être testée dès 1943 et son efficacité émerveille les entomologistes. Dès 1944, la presse commence à se faire largement l'écho des promesses d'un monde meilleur que le DDT est censé représenter.Pourtant,presque simultanément, des voix très minoritaires s'élèvent pour s'inquiéter de sa puissance de destruction et l'on prédit que, s'il permettait de faire disparaître les insectes, l'humanité ne tarderait pas à les suivre, mais ces mises en garde mesurées (on souhaite simplement une évaluation réelle des risques engendrés par le DDT) ne sont pas écoutées. 
La production s'envole jusqu'à atteindre 400000 t dans le monde dans les années 1960, dont 70 % à 80 % pour un usage agricole. En 1962, Rachel Carson fait paraître Silent Spring, traduit un an plus tard sous le titre de Printemps silencieux, un livre qui dénonce différentes conséquences du 
produit: la destruction des insectes utiles qui limitaient les populations des espèces nuisibles, l'apparition de résistances (les insectes deviennent insensibles au produit), ce qui oblige à constamment renouveler les molécules utilisées, la présence de DDT dans tous les organismes vivants,les risques pour la santé, etc. Ces informations sont reçues comme des révélations,alors que la plupart des conséquences du DDT pouvaient non seulement être anticipées dès 1944 (le phénomène de résistance était connu des scientifiques depuis 1914), mais avaient aussi été bel et bien annoncées par certains. 
L'interdiction du DDT est finalement obtenue en 1970, mais ce n'est pas pour autant que s'arrête l'usage des pesticides. On estime qu'aujourd'hui environ 3 millions de t de pesticides sont appliquées chaque année dans le monde, ce qui représente un coût d'achat d'environ 30 milliards d'euros annuels. Malgré cette large utilisation,les nuisibles détruisent 37% de l'ensemble des cultures (chiffre à peu près équivalent à ce qu'ils détruisaient en 1900) : les insectes sont responsables de 13 % de ces pertes, les pathogènes de 12 % et les mauvaises herbes de 12 %. En gros, 1 euro dépensé dans la gestion par pesticides rapporte 4 euros de cultures protégées, mais cette rentabilité ne tient pas compte des coûts annexes: décontamination des sols et des eaux, maladies chroniques, empoisonnements d'animaux domestiques ou sauvages... Le bilan des insecticides peut sembler paradoxal car, en dépit de la multiplication par plus de 10 de leur usage aux États-Unis entre 1945 et 2000, le total des cultures perdues à cause des insectes est passé de 7% à 13% ; cette augmentation s'explique principalement par l'évolution de l'agriculture. 
L'impact des pesticides sur l'homme n'est pas négligeable: les empoisonnements dans le monde représentent 3 millions d'hospitalisations, 220 000 morts et environ 750 000 maladies chroniques; 250000 d'empoisonnements d'animaux domestiques sont également comptabilisés, la plupart dus aux pesticides, mais les causes de la mort de la majorité de ces animaux ne sont ni diagnostiquées ni rapportées. L'un des vices les plus graves des pesticides chimiques est leur longue durée de vie dans l'environnement, ce qui fait que leur impact sur la biodiversité peut être observé bien après la fin de leur utilisation : on soupçonne ainsi le DDT, en association avec d'autres polluants, d'affaiblir les résistances immunitaires des dauphins et d'être l'une des causes des échouages massifs que l'on observe aujourd'hui. 
Les plus graves conséquences environnementales du DDT ne proviennent pourtant pas de ses effets toxicologiques, mais des conséquences qu'il a eues sur l'organisation sociale, même s'il n'est qu'un rouage d'une machine complexe qui s'impose après la guerre. On utilise des pesticides non seulement parce qu'il existe des ravageurs et des maladies, mais parce qu'un ensemble des transformations de l'agriculture a rendu les pesticides essentiels. Ces transformations sont intimement intriquées : la mécanisation permet de diminuer le nombre de bras, mais rend nécessaire l'agrandissement des parcelles; le coût des machines nécessite d'augmenter la productivité ; l'amélioration des variétés cultivées est une réponse logique à cette demande, mais, d'une façon générale, ces nouvelles variétés sont plus fragiles et donc plus susceptibles d'être attaquées par une maladie ou un ravageur, qui sont de toute façon favorisés par l'augmentation de la taille des parcelles et la disparition de la diversité paysagère et culturale; mais, comme l'on dispose d'une arme chimique pour combattre les maladies et les insectes,on peut abandonner les anciennes pratiques (comme la rotation des cultures) justement destinées à limiter leur nuisance; l'usage de la chimie a un coût et oblige aussi à assurer une bonne productivité; les transports modernes permettent la spécialisation des régions, mais induit souvent des concurrences déloyales ; l'accroissement considérable de la production nécessite d'inciter à consommer toujours plus, même si cela ne répond à aucune véritable nécessité... Il faut souligner que la dégradation des sols s'accroît considérablement avec ce type d'agriculture. On le voit, c'est donc avant tout un projet d'organisation sociale et globale qui est symbolisé par le DDT et pas seulement une solution technique et rationnelle aux problèmes posés par les maladies et les ravageurs, d'où l'extrême difficulté de sortir de ce schéma, car cela oblige à penser une autre organisation de l'agriculture, basée sur une production diversifiée à destination du marché local. 


Valérie Chansigaud, L’homme et la nature : une histoire mouvementée, Delachaux et Niestlé, Paris, 2013, Chapitre "La globalisation de la menace des pesticides"

lundi 10 août 2015

Une meilleure santé via la nature

Le taux de cortisol (l'hormone du stress) contenu dans la salive et celui de l'adrénaline dans les urines sont aussi moins élevés après une promenade forestière qu'urbaine, selon d'autres études. Randonner dans les bois renforce même nos défenses immunitaires, et ce plusieurs jours après la promenade.
(...)
"En forêt, voire dans un parc, l'organisme reçoit par ses cinq sens des signaux des arbres, du vent, de l'eau, etc. Le cerveau les analyse comme plaisants, parce qu'ils nous renvoient à des choses essentielles relatives à notre survie : boire, se nourrir, s'abriter, etc. (...) La technologie nous a artificiellement détachés de ces besoins primaires : quand on a soif, on tourne le robinet ; quand on a froid, on met le chauffage. Ce retour à la base nous fait du bien : nous en ressentons des émotions positives, de sérénité et de calme, que le cerveau transmet immédiatement au corps par le système neuroendocrinien et le système nerveux autonome. Sous l'effet de ces hormones et de ces neuromédiateurs antistress libérés par l'hypophyse, le corps se sent bien. En retour, il renvoie au cerveau des messages de bien-être et d'apaisement.

Conséquence logique : les espaces naturels diminuent la fréquence d'apparition des maladies. Une étude épidémiologique menée aux Pays-Bas en 2009, auprès de 350 000 personnes, le confirme. Les Néerlandais habitant dans une zone composée à 90% de végétaux sont en meilleure santé que les patients dont le voisinage n'en contient que 10%. Pour preuve, ils consultent moins souvent leur médecin pour des troubles cardio-vasculaires, musculo-squeletiques, neurologiques, digestifs et de l'appareil respiratoire. Ils sont aussi moins souvent atteints de dépression et de troubles anxieux. Une liste encore étoffée l'an dernier grâce à des chercheurs de Leicester, en Angleterre, qui ont montré que le taux de prévalence du diabète de type 2 est inversement proportionnel à la quantité de parcs ou jardins dans le voisinage. D'autres ont pointé un moindre risque d'obésité quand on vit à proximité d'espaces verts. A condition de mettre le nez dehors et de s'activer.
Plus étonnant encore : voir des plantes, même en petite quantité, chez soi ou depuis sa fenêtre, procurerait un bienfait. Le psychologue Roger Ulrich l'a démontré dans un hôpital de Pennsylvanie dès 1984 : les patients qui ont vue sur les arbres plutôt que sur un mur, ou dans la chambre desquels on a placé des végétaux, ont moins mal, consomment moins d'analgésiques et expriment moins d'anxiété et de fatigue. Ils rentrent donc plus tôt chez eux.
A l'inverse, le manque d'exposition à un environnement naturel augmente les risques d'allergies ou d'asthme des citadins. Selon les chercheurs finlandais qui ont analysé le phénomène en 2012, la plus grande résistance des campagnards tient à la richesse du microbiote naturel dans lequel ils évoluent et qui les immunise contre certaines maladies inflammatoires (...)
"la nature stimule l'activité physique, diminue le stress et réduit la pollution de l'air ambiant" résume une équipe de Rotterdam, qui a constaté l'an dernier qu'habiter près d'un parc ou un jardin, en ville, allonge l'espérance de vie et, mieux encore l'espérance de vie en bonne santé.

"Comment la végétation ressource notre corps" in Ça m'intéresse, n°410, Avril 2015, pp. 74-75, Dossier spécial "Comment la nature nous fait du bien"  pp.72-82

samedi 20 juin 2015

La santé passe aussi par le contact avec la nature et un environnement préservé

Un ouvrage indispensable : "Une écologie du bonheur" d'E. Lambin. Extraits :


John Muir, naturaliste et écrivain d'origine écossaise de la fin du XIXe siècle, écrivait ces belles lignes: « Escalade les montagnes et reçois leurs bonnes nouvelles. La paix de la Nature circulera en toi comme les rayons du soleil circulent dans les arbres ; le vent souffle leur fraîcheur en ton sein et les orages leur énergie, alors que les soucis tombent comme les feuilles en automne»
De nombreux autres poètes et artistes ont exprimé les bénéfices de la nature pour le corps, l'esprit et l'âme. Il s'agit de sentiments dont chacun a l'occasion de faire l'expérience au cours de son existence.
Les psychologues se sont intéressés au rôle de l'environnement naturel sur les sentiments, les comportements, les manières de penser, de sentir et d'agit. La vie moderne et son rythme frénétique occasionnent souvent une fatigue de l'attention dirigée, c'est-à-dire l'attention centrée sur des tâches spécifiques, comme le travail par exemple. Les symptômes de cette fatigue sont une difficulté à se concentrer, une tendance à être irritable et une fréquence accrue d'erreurs dans des tâches qui nécessitent de la concentration. Cette diminution des ressources cognitives face aux demandes de la vie quotidienne est une cause importante de stress. De nombreuses études ont démontré qu'un contact avec la nature est une manière très efficace de récupérer face à cette fatigue mentale. Le monde naturel nous aide à nous ressourcer. La plupart des personnes perçoivent les environnements naturels comme plus favorables à cette revitalisation que les environnements urbains. Un contact avec la nature permet aux mécanismes dont dépend l'attention dirigée de se reposer et d'être ainsi restaurés à leur niveau normal.

Autre découverte importante de la psychologie environnementale: les préférences écologiques des individus sont influencées par leurs besoins de lieux de récupération. En d'autres mots, si nous percevons les environnements naturels comme étant plus beaux et plus attractifs que les milieux urbains, c'est en partie parce qu'ils répondent mieux à notre recherche de cadres favorables pour nous recharger en énergie. De multiples expériences en psychologie confirment sans ambiguïté qu'une proximité avec la nature a des effets bénéfiques sur la santé psychique et physique. Par exemple, les résidents de quartiers urbains dont le cadre de vie est délabré et dépourvu de végétation naturelle semblent souffrir plus fréquemment de symptômes de stress chronique et de problèmes de santé, indépendamment de caractéristiques comme l'âge, le milieu social ou les habitudes de vie. En 1984, une étude étonnante a été publiée dans la revue Science par Roger Ulrich, un géographe américain. Il y démontrait que des patients qui avaient subi une opération chirurgicale récupéraient mieux lorsqu'ils occupaient une chambre d'hôpital avec vue sur un paysage naturel plutôt que sur un mur de briques. Les premiers pouvaient quitter l'hôpital en moyenne un jour plus tôt que les seconds, ils avaient besoin de moins d'antidouleurs et leur comportement était évalué de manière plus positive par les infirmières. Depuis, les résultats de cette étude pionnière ont été non seulement confirmés, mais également élargis à d'autres situations, en particulier par l'équipe de Terry Hartig, un psychologue américain de l'université d'Uppsala. La proximité ou même la simple vue de la nature augmente le bien-être sut le lieu de travail. Parmi les personnes qui ont un travail sédentaire, celles qui disposent d'une fenêtre avec une vue sur des arbres, des buissons ou des fleurs expriment une plus grande satisfaction que celles dont la fenêtre donne sur un parking une rue ou d'autres bâtiments. De plus, ces derniers souffrent plus fréquemment de maux de tête. Faite de courtes pauses au travail pour contempler un paysage naturel diminue la fatigue mentale. Des plantes d'intérieur dans un bureau ont également un effet relaxant. Dans une prison du Michigan, aux États-Unis, les prisonniers dont la fenêtre de la cellule donne sur une cour intérieure consultent le service médical avec une fréquence 24 % supérieure à celle des prisonniers dont la fenêtre donne sur un paysage champêtre.
En ce qui concerne le lieu de résidence, la source la plus importante de satisfaction pour Un échantillon d'Américains d'une communauté résidentielle proche de Détroit était la présence de zones boisées accessibles dans les environs immédiats de leur maison. Ce facteur était plus important que la taille du jardin. Le paradoxe est que la création de quartiers périurbains dans des zones de forêts entraîne la destruction de ces dernières, alors qu'elles constituent le facteur d'attraction principal des résidents de ces quartiers.
Des vacances consacrées à la randonnée à pied dans une nature sauvage engendrent à moyen terme (jusqu'à trois semaines après le retour) un plus grand sentiment de bonheur et de meilleures performances lors de tests qui requièrent une grande concentration que dès vacances consacrées à la visite d'amis ou de membres de la famille, Une excursion en voiture dans un environnement non sauvage, un voyage culturel ou des activités relaxantes chez soi. Des activités de jardinage pratiquées fréquemment permettent également de mieux faire face au stress (les médecins parlent même de «thérapie horticole »).
Une image de la nature est moins efficace, mais elle a également un effet apaisant: lorsqu'un des murs de la salle d'attente d'un dentiste est orné d'une représentation d'un paysage naturel ouvert, les patients ont une tension artérielle plus faible et se déclarent moins anxieux au moment de l'intervention. Après avoir subi un examen sur une matière difficile ou avoir visionné le film d'un accident industriel, des étudiants auxquels on a montré des images de paysages naturels récupèrent plus vite sur le plan émotionnel que ceux auxquels des photographies urbaines ont été montrées.
Tous ces résultats proviennent d'expériences rigoureuses menées en psychologie expérimentale et au cours desquelles de nombreux facteurs susceptibles de biaiser les observations ont été contrôlés par des procédures souvent sophistiquées. Ces recherches en psychologie environnementale démontrent que le fait d'être en contact avec la nature ou de la contempler en réalité ou en image a un effet bénéfique sur le bien- être.


Théories explicatives 
En psychologie, trois théories permettent d'expliquer ces observations empiriques.
Selon la première théorie, qui porte sur le rétablissement de l'attention et qui est proposée par Stephen et Rachel Kaplan, deux pionniers américains de la psychologie environnementale, on récupère d'une fatigue due à une attention dirigée grâce à une attention involontaire, qui n'exige aucun effort. Les environnements naturels se prêtent particulièrement a cette réparation, car ils ont plusieurs propriétés favorables ; ils créent une distance psychologique pat rapport aux préoccupations mentales habituelles et éloignent donc de la routine. La montagne, la mer, les forêts offrent ce sentiment d'éloignement. Il s'agit bien d'une transformation ou d'un éloignement conceptuel plutôt que physique. Par leurs qualités esthétiques, les milieux naturels suscitent une «fascination douce» en sollicitant les sens sans effort particulier, grâce à une attention presque involontaire, fondée sur l'intérêt et la curiosité. Lorsque cette attention est engagée, les sollicitations de l'attention volontaire diminuent, ce qui permet de récupérer. Tel est le pouvoir d'un coucher de soleil, des couleurs de l'automne dont une forêt se revêt chaque année ou de la forme toujours changeante des nuages : cela fascine sans pour autant accaparer l'esprit comme le ferait la lecture d'un texte ou la participation à une réunion. Les environnements naturels offrent également un cadre organisé et cohérent, d'une grande ampleur et de portée suffisante pour créer le sentiment qu'il y a toujours plus à découvrir. Ils constituent donc un support idéal pour une exploration continue qui engage l'esprit. C'est le cas par exemple du sentier dont la courbe cache de nouvelles perspectives, ou des ruines et vestiges archéologiques qui nous connectent à des temps anciens et donc à un monde plus large que le cadre quotidien.

Enfin, il y a un degré élevé de compatibilité entre les inclinations des personnes et les caractéristiques de la nature, tant pour ce qu'elle a à offrir, c'est-à-dire les possibilités d'exploration, que par ce qu'elle exige, c'est-à-dire les contraintes associées à cette exploration. Que l'on aborde la nature avec un objectif de locomotion (randonnée à pied, à cheval ou à vélo), de prédateur (chasse ou pêche), de domestication (jardinage), d’observation (des oiseaux, des fleurs…) ou d’aventure, cette diversité d’approches rencontre toujours une des multiples facettes de l’environnement naturel.

Une théorie complémentaire à la première met l’accent sur les changements physiologiques et émotionnels pouvant se produire chez un individu lorsqu’il contemple une scène juste après avoir subi une situation qui impliquait un défi ou une menace. Au début des années 1980, Roger Ulrich (…) a eu l’intuition que la perception de certains contenus et qualités dans une scène aide à récupérer après un stress psychosociologique. (…) Selon cette théorie, la nature humaine serait préparée biologiquement à répondre de manière positive aux éléments de l’environnement  qui signalent des possibilités de survie et de bien-être.

La troisième théorie, (…) affirme que les personnes développent une perception du sens de la vie et de sa finalité à travers l’expérience  de l’appartenance au monde naturel (…) les individus ont un besoin, enraciné dans l’histoire biologique de l’espèce humaine, d’être affiliés et connectés avec le monde naturel. (…) En particulier, la capacité de réfléchir à des problèmes personnels et de les mettre en perspective augmente dans un cadre naturel, ce qui est bénéfique pour le bien-être.


E. Lambin, Une écologie du bonheur, 2009, édition Poche 2014, pp. 45-52

jeudi 18 juin 2015

Le développement des énergies renouvelables

A l’heure de la COP21, des échecs d’Areva dans le nucléaire, du remplacement des centrales nucléaire par les centrales thermiques au charbon en Allemagne, de  la construction de « parcs » solaires (Cestas, Gironde), on entend certes que l’un des chantiers majeurs pour la baisse de la pollution est la meilleure isolation des bâtiments et les économies d’énergie, et l'on assiste également au développement de la production électrique au niveau local, mais jamais au niveau micro-local, c’est-à-dire au niveau de l’immeuble ou de la maison.
On raisonne encore en termes de grandes centrales de production de l’électricité.
Pourtant l’on sait depuis longtemps que les grandes centrales électriques, doivent être associées à de grands réseaux de distribution électrique pour être efficaces, et que cela ne convient pas à tous les pays, notamment les pays pauvres ou en voie de développement qui n'ont pas de réseaux de distribution adaptés.

Une piste qui paraît encore peu développée est celle des éoliennes à axe verticale (à Hambourg ci-dessous)


Les éoliennes de grande hauteur sont bruyantes et polluantes pour la vue. Elles ont leur place dans les zones désertiques (ci-dessous en Espagne), mais ailleurs cela semble problématique.

Le plus grand parc solaire d’Europe a été construit dans une zone naturelle, mais en rasant 260 hectares de forêt ; ce parc est capable d’approvisionner une ville de la taille de Bordeaux.

Les éoliennes à axe verticale sont silencieuses, elles peuvent être disposées sur les toits des bâtiments, elles s’auto-régulent en fonction du vent (leur prise au vent diminuent lorsque le vent augmente pour éviter une trop grande usure).
Elles ont fait leur preuve sur des refuges de montagne, ou même en ville, par exemple dans l’éco-quartier tertiaire du port de Hambourg.




Le problème est économique.
Les grands projets éoliens ou solaires se développent car ils sont une source importante de profit, et cela suffit à attirer les investisseurs des grands groupes.
En revanche, favoriser le développement de centrales et de réseaux locaux suppose par exemple des aides fiscales, des investissements personnels - rentables sur le long terme.

A terme, ce développement local semble pourtant une bonne piste pour développer le "mix énergétique", assurer la transition énergétique, l’indépendance énergétique, la responsabilisation des citoyens sur les économies d’énergie.

Il existe pourtant des associations - telle l'assoc. francophone des climatoptimistes, créée en 2014 par un ancien président de l'AutomobileClub Assoc.- pour combattre même l'idée de développer les énergies renouvelables, appelées par eux énergies intermittentes : "Les énergies renouvelables que sont l’éolien et le solaire ne peuvent constituer une alternative crédible aux hydrocarbures ou au nucléaire, car elles sont éminemment aléatoires. Le terme « renouvelable » est trompeur sinon mensonger et devrait être banni (climat-optimistes.com)"
Même si ce type d'initiatives peut sembler marginale, elles reflètent les opinions des grandes puissances, telles les Etats-Unis, la Chine, La Russie, etc. et des grandes compagnies qui, malgré des campagnes de publicité destinées à redorer leur image, sont les premières concernées.
Dans ce contexte, l'encyclique du pape François Laudato si' publiée aujourd'hui est plutôt une bonne nouvelle.